par Loïc Picaud
Un double live japonais plus loin, le costaud Hot On the One en 1980, et Mister Brown est relancé par divers hommages : celui du film The Blues Brothers dans lequel il joue le rôle d’un prêcheur convaincant, et celui des précurseurs du hip-hop auxquels il s’adresse à travers l’interminable « Rapp Payback » extrait de Soul Syndrome (1980).
Sur scène, il demeure imbattable, mais ses affaires intéressent le fisc américain qui étudie ses comptes et saisit un à un les signes visibles de sa réussite. Quasiment ruiné et sans label, Brown traverse une période difficile jusqu’à son sauvetage par le roi de la « nation rap zulu » Afrika Bambaataa partageant le succès du single « Unity » (août 1984). Deux ans plus tard, Brown effectue un retour au premier plan avec le thème musical du film Rocky IV, le convenu « Living in America ». L’ex-Soul Brother Number One est honoré de toutes parts, les institutions telles que le Rock and Roll Hall of Fame, les critiques, les musiciens et en particulier les rappers en font l’artiste le plus samplé, les nouvelles générations… mais encore une fois, son image subit un revers quand en 1988 il est accusé d’avoir violenter son épouse Adrienne sous l’effet du PCP (une drogue dure), et mis sous écrou par la police après une tentative de fuite. L’incident lui coûte une peine de six années réduite à deux ans pour bonne conduite.
Epilogue et héritage
Sorti de prison, James Brown se précipite en studio afin de combler le retard et de s’associer au mouvement techno-funk sur les albums Love Over-Due (1991) et Universal James (1992) avec force synthétiseurs. Puis un splendide coffret de 4-CD rend hommage à sa fabuleuse carrière (Star Time, 1991), ainsi que la réédition quasi-totale de son catalogue, l’un des plus fournis et complexes qui soient, et la parution de compilations thématiques. Du côté des disques live, il entame un quatrième Apollo publié en 1995, suivi de la réédition du concert mythique à l’Olympia de Paris de 1971 (Love Power Peace). En 1998, il sort le (trop) prometteur I’m Back, puis les nouvelles se font rares – hormis d’inlassables tournées – sans matériel neuf. Ce disque restera comme le dernier enregistrement original. En 2004, Brown est opéré d’un cancer de la prostate. Remis sur pied, il entame aussitôt une tournée Seven Decades of Funk, mais une banale visite chez un dentiste diagnostique une pneumonie. Hospitalisé d’urgence, le génie de la soul et du funk s’éteint d’une crise cardiaque le matin de Noël 2006. Dans les jours qui suivent, un vibrant hommage lui est rendu par une longue foule dans son temple, l’Apollo de Harlem, avant un repos éternel dans sa bonne ville d’Augusta.
Loïc Picaud
Les dates ... 2006 (25 Décembre) Décès de James Brown 1988 Arrestation de James Brown |