Geoffrey Arnold Jeff Beck, dit Jeff Beck, naît le 24 juin 1944 à Wallington, faubourg de Londres. Il est le fils d'Arnold et Ethel Beck. Son enfance se développe auprès d'une mère caressante et d'un piano, dont le musicien en herbe caresse les touches. Et quand ses doigts le font souffrir, il chante dans la chorale de l'église du coin, ou écoute la radio, sans sélection, ni discernement. Il tente de construire une guitare avec des boîtes de cigare, mais professionnel, porte son premier dévolu sur une Les Paul, puis diverses Fender Stratocaster, Fender Telecaster, ainsi qu'une Gretsch, dans le répertoire spécifique de Gene Vincent. Après un passage éclair au Wimbledon Art College, et quelques usuels petits boulots (caddy sur un parcours de golf, peintre, ou décorateur), il décide de tenter de faire carrière dans la musique.
Yardbirds
En 1965, il remplace Eric Clapton (parti rejoindre The Bluesbreakers de John Mayall) au sein des Yardbirds, et partage quelque temps le statut de lead guitar avec Jimmy Page (plus tard fondateur de Led Zeppelin). On peut voir les deux dans une mémorable scène du film Blow-Up de Michelangelo Antonioni. Beck expérimente alors quelques effets inédits (diverses pédales, comme la fuzz-box, mais également le larsen, la distorsion, ou le feed-back) qui impressionneront notablement Jimi Hendrix (et qu'on peut entendre dans l'album des Yardbirds Roger The Engineer). La lassitude, la vie de tournée, et des problèmes personnels, ou de santé, contraignent Beck à quitter le groupe au bout d'un an et demi.
Jeff Beck Group
En 1968, Pink Floyd, malgré les souhaits de ses membres, n'ose pas demander à Beck de remplacer Syd Barrett. La même année, le guitariste crée le Jeff Beck Group, qui rassemble Ainsley Dunbar, puis Mick Waller, enfin Tony Newman à la batterie, le pianiste américain Nicky Hopkins (d'abord invité, puis membre à part entière), Ron Wood à la basse, et le chanteur Rod Stewart. Ce line-up, malgré des ventes modestes, pose les fondamentaux du hard rock britannique en deux albums (Truth-1968 et Beck-Ola-1969, avant de se dissoudre dans l'éther, avec le départ de Rod Stewart (parti pour The Faces, puis une lucrative carrière solo), et Ron Wood (rejoignant également The Faces, puis qui ralliera The Rolling Stones au pupitre de deuxième guitare, en 1975).
Beck et les autres
L'échec de la seconde mouture du Jeff Beck Group (malgré deux albums de très haute tenue, Rough And Ready en 1971, et Jeff Beck Group, produit en 1972 par Steve Cropper, et enregistré à Memphis), incluant le chanteur Bob Tench, le claviériste Max Middleton, Cozy Powell à la batterie, et le bassiste Clive Chaman, et un accident automobile, inclinent Beck à rejoindre le bassiste Tim Bogert et le batteur Carmine Appice (ex membres de Vanilla Fudge, puis Cactus), pour former un power trio. Beck, Bogert & Appice enregistre un album éponyme (BBA, 1973) peu vendu malgré une version du « Superstition » de Stevie Wonder (que ce dernier aurait initialement composé pour l'Anglais), produisent les sessions d'un concert à Osaka (Live In Japan), puis entament la préparation d'un deuxième album studio en 1974. C'est alors que Beck, conscient de l'impasse - tant artistique que commerciale - de la démarche, prend la poudre d'escampette sans crier gare.
Beck tout seul, ou presque
En 1975, Beck surprend son monde (et, partant, ses fans) en enregistrant Blow By Blow, produit par le cinquième Beatles George Martin. Cet album instrumental de musique fusion parvient néanmoins aux meilleures places des classements américains. On murmure que, la même année, Beck aurait refusé de remplacer Mick Taylor au sein de The Rolling Stones, lassé que ces derniers l'aient fait lanterner dans une chambre d'hôtel, dans l'attente d'un coup de fil salvateur. Le succès est également au rendez-vous de Wired (1976), enregistré avec Jan Hammer, ancien claviériste du Mahavishnu Orchestra de John McLaughlin, et de Jeff Beck With The Jan Hammer Group Live (1977).