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par Jean-Noël Ogouz



Globe trotter, déjà.

Joan Chandos Baez est née le 9 janvier 1941 d’une mère d’origine irlandaise née en Ecosse et d’un père mexicain physicien reconnu. Elle est élevée avec ses deux sœurs principalement en Californie, mais aussi dans plusieurs endroits de la planète à cause des engagements de son père à l’UNESCO, notamment à Paris, Rome, Genève, et Bagdad où elle découvre la pauvreté et la cruauté humaine. Méprisée par ses camarades d’école blancs à cause de sa peau fonçée et par les Mexicains parce qu’elle ne parle pas (encore) l’espagnol, elle se réfugie dans la musique. Dotée d’une voix magnifique, elle s’accompagne à la guitare dès l’âge de quinze ans, influencée par la chanteuse noire Odetta, et apprend le répertoire du plus célèbre folk singer de l’époque, Pete Seeger. Sa famille émigrant en 1958 à Belmont près de Boston, ville pionnier du mouvement Folk, elle s’y plonge aussitôt, séduite par l’ambiance pacifiste et gauchiste de la ville la plus conservatrice des Etats-Unis. Elle rencontre un jeune auteur-compositeur-interprète de quatre mois son cadet, Robert Zimmerman (Bob Dylan), chez lequel elle devine talent et ambition, et qui deviendra son compagnon en 1962. Et avec deux amis, elle enregistre en 1959 dans une cave un album, dans lequel elle chante en solo six chansons (Folksingers ‘Round Harvard Square). En juillet de la même année le chanteur Bob Gibson l’invite à la première édition du festival Folk de Newport, dont elle est la révélation, son teint olivâtre et sa longue chevelure « aile de corbeau », sa voix haute, précise, virginale et claire, envoûtant les spectateurs.

Newport

Maynard Ferguson le co-fondateur de la marque Vanguard, créée dix ans plus tôt à New York (d’abord spécialisée en musique classique, en jazz, puis récemment en folk songs –Cisco Houston, The Weavers-) est présent au festival, et il la signe quelques mois plus tard, une fois qu’elle lui ait présenté sa famille à Belmont ! Ses deux premiers albums contiennent exclusivement des chants traditionnels, le deuxième se vendant à plus de 500 000 copies peu après sa sortie fin 1961. Ses deux suivants qui offrent plus de chansons contemporaines (Woody Guthrie « Pretty Boy Flood » par exemple) et explorent déjà d’autres horizons (Afrique, Brésil, Gospel et Blues) sont capturés en concert, seulement accompagnée de sa guitare sèche, malgré sa peur de la scène, et obtiennent autant de succès, surtout le second fin 63 dans lequel elle inaugure sa longue série de reprises de Bob Dylan. « Don’t Think Twice, It’s All Right » publié six mois plus tôt sur The Freewheelin’ Bob Dylan, et surtout « With God on Our Side » que son auteur n’inclura qu’en janvier 1964 sur The Times They Are A-Changin’ ; échange de bons procédés puisque Joan Baez a pris l’habitude de l’inviter sur scène en deuxième partie de presque chacun de ses concerts, contribuant grandement à la notoriété de son protégé. Entre-temps, « la passionaria », comme les journalistes commencent à la surnommer (jeu de mots imbécile à la fois condescendant et méprisant) connaît une audience internationale lorsqu’elle participe à la fameuse marche pour les droits civiques sur Washington en août 1963, où elle interprète pieds nus l’hymne « We Shall Overcome » : Martin Luther King, qui vient de délivrer son célèbre « J’ai fait un rêve », la présente ainsi : « Je sais que beaucoup d’entre vous sont venus jusqu’ici juste pour l’entendre chanter ». Son succès va grandissant sur tout le continent, et vite au niveau international, mais elle demeure une interprète et une adaptatrice n’osant pas encore publier ses propres œuvres. Ses reprises sont soigneusement choisies : elle puise dans le répertoire contestataire de Dylan, et d’autres auteurs politisés comme Phil Ochs (« There But For Fortune » en 1965) ou les nouveaux venus comme Donovan (« Colours »).

Woodstock

Au milieu des années 60, le folk perd de son audience au profit de la pop, en particulier celle venue de Grande Bretagne. Comme d’autres, Joan Baez s’adapte en étoffant et en électrifiant l’instrumentation de ses disques. Son sixième album en automne 1965 marque un tournant dans son évolution ; Farewell Angelina contient quatre chansons de Dylan, dont le titre de l’album, l’une des plus belles de son auteur, qu’il avait enregistrée en janvier précédent mais pas incluse dans Bringing It All Back Home. Baez s’empare de cette fable surréaliste dont on ne connaîtra la version originale que 26 ans plus tard.

Les dates ...

2008 (03 Février)
Communiqué de Joan Baez
2007 (11 Février)
Récompense de Joan Baez
2006 (06 Juin)
Duo de Joan Baez et Bruce Springsteen
2005 (21 Juillet)
Sortie de No Direction Home
2001 (10 Octobre)
Spectacle de Joan Baez

Vidéo

The Night They Drove ...
Joan Baez