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The Healer
John Lee Hooker

Chameleon
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Chronique de The Healer

Le choix de la facilité sans doute, mais cet album (et le suivant, Mr Lucky en 91), a enfin consacré commercialement l’immense talent unique de ce maître du genre, après une longue carrière le plus souvent en solitaire, depuis ses premiers enregistrements à la fin des années 40. On est ici loin des faces légendaires des années 50 sur différents labels, de sa collaboration avec Canned Heat en 1970, ou de ses enregistrements rugueux des années 60. Les puristes de John Lee Hooker le méprisent. Mais grâce à lui il a conquis une nouvelle génération, attirée par les invités prestigieux qu’il a conviés avec son producteur (le sous-estimé guitariste slide Roy Rogers) et qui lui font de l’ombre. Qu’importe, les chansons sont épatantes, l’hommage est grandiose, l’atmosphère générale une réussite. Si Carlos Santana et lui débutent magistralement le festival, si John Lee retrouve Canned Heat (décimé depuis 70), rencontre George Thorogood son disciple en boogie, des Los Lobos en pleine forme, « le guérisseur » et Bonnie Raitt nous enchantent avec « I’m In The Mood », moment de grâce dans la prolifique carrière de l’idole des nombreux petits maîtres musiciens blancs qui ont pillé son répertoire (ZZ Top en tête avec « La Grange »…). John Lee Hooker y demeure sombre et grommelant (sa marque de fabrique avec son tempo monolithique), et y gagne son statut de légende vivante du Blues, jusqu’à sa disparition en 2001.

« Quand Adam et Eve se sont rencontrés pour la première fois, c’est là que le Blues est né » (John Lee Hooker).

Jean-Noël Ogouz

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