Si pour beaucoup son nom n’évoque pas grand chose,
John Williams est sans doute l’un des compositeurs dont l’œuvre est la plus familière du grand public. Né le 8 février 1932 à Floral Park (État de New York, Etats-Unis), John Towner Williams Jr. grandît sur la Côte Est, avant de suivre sa famille à Los Angeles. Il bénéficie d’une influence musicale de choix en la personne de
Mario Castelnuovo-Tedesco, compositeur italien expatrié travaillant pour la compagnie cinématographique Metro Goldwyn Mayer. Durant son service militaire,
John Williams occupe des tâches d’arrangeur musical pour les orchestres de l’US Air Force. Démobilisé, il retourne à New York pour suivre les cours de la Juilliard School of Music, et travaille durant ses études comme pianiste de Jazz.
John Williams met ensuite un pied dans l’industrie du cinéma travaillant comme orchestrateur pour différents compositeurs de musique de film, comme
Franz Waxman ou
Bernard Herrmann.
Employé comme petite main sur les bandes originales de nombreux films de la compagnie Columbia et autres grands studios de l’âge d’or hollywoodien, il se charge notamment de l’accompagnement instrumental de la chanson de
Marilyn Monroe dans
Certains l’aiment chaud. En 1958, il se voit confier pour la première fois la responsabilité d’une bande originale de film, pour une série B qui ne marque pas les esprits. Il est également pianiste pour le compositeur
Henry Mancini (sur les bandes originales de succès des années 1960 comme
Charade ou
Le Jour du vin et des roses) et
Jerry Goldsmith.
Parallèlement à son activité de jazzman – qui le voit notamment accompagnateur du chanteur
Frankie Laine – Williams œuvre également dans le style classique, et compose des concertos pour piano, violon et flûte. En 1966, il écrit une symphonie.
Catastrophes porte-bonheursVite remarqué à Hollywood pour son talent de pianiste de jazz,
John Williams obtient en 1968, grâce au film
La Vallée des poupées (Mark Robson), sa première nomination aux Oscars. En 1971, le film
Un violon sur le toit, de Norman Jewison, lui vaut enfin la statuette dorée : c’est le début d’une période dorée pour le compositeur, qui se voit confier des bandes originales de grosses productions destinées à une large distribution.
John Williams a pour méthode de travail de prédilection de ne pas lire le scénario, et de ne travailler qu’à partir des scènes ou les
rushes du film terminé, élaborant une partition qui épouse les émotions distillées par les images. Son talent pour composer des musiques opératiques et spectaculaires convient particulièrement aux films-catastrophes à grand spectacle alors très à la mode au début des années 1970 : il signe ainsi les musiques de
L’Aventure du Poséidon (Irwin Allen et Ronald Neame, 1972),
Tremblement de Terre (Mark Robson, 1974) et
La Tour infernale (John Guillemin et Irwin Allen, 1974).
C’est cependant un autre film, pouvant être rattaché à la mode du film-catastrophe, qui assure à Williams son premier succès « universel » : en 1974, Steven Spielberg, avec qui il venait de travailler sur
Sugarland Express, lui confie la musique de son film
Les Dents de la mer, qui sort dans les salles l'année suivante. L’air composé par
John Williams pour signifier le danger lors des attaques du requin géant devient un classique absolu, se prêtant largement au plagiat et à la parodie tant sa mélodie est instantanément reconnaissable : le compositeur empoche pour l’occasion son deuxième Oscar, son premier Golden Globe et son premier Grammy Award.
Dans les étoilesLa collaboration de Williams et Spielberg, désormais très étroite, atteint son apogée avec
Rencontres du troisième type (1977), où la partition de
John Williams est écrite au fur et à mesure que le scénario de Spielberg avance, afin d’établir une symbiose entre récit et sons. La bande originale résultant de ce travail « à quatre mains » est l’une des préférées du compositeur. C’est à cette même époque que Spielberg recommande à son confrère et ami
George Lucas d’engager
John Williams pour la partition de son film
La Guerre des étoiles (1977) : la musique composée par Williams, aux accents fortement symphoniques, fait beaucoup pour le triomphe du film de Lucas et le morceau
« Luke’s theme » devient aussitôt l’un des airs les plus connus de l’histoire du cinéma.
Sa musique désormais familière aux spectateurs du monde entier,
John Williams a la suprême satisfaction d’empocher à nouveau un Oscar, un Golden Globe et un Grammy Award.