Cash clôt les années 50 avec les titres « All Over Again » en 1958 et « Don't Take Your Guns to Town » l'année suivante.
Dans la poudre
Les années 60, les triomphes exponentiels (l'album Ride This Train en 60, « Tennessee Flat-Top Box » et « Bonanza ! » en 61-62) et la pression qui en résulte (alimentée par des tournées de plus de trois cents dates), provoquent l'addiction de Cash aux amphétamines (pour lutter contre la fatigue), aux barbituriques (pour lutter contre la dépression), et à l'alcool (pour lutter contre tout le reste). Pour parachever l'ensemble, Johnny prend l'habitude de s'enivrer avec le petit ami de June Carter. Et à Nashville, son compagnon de dérive est le chanteur Waylon Jennings. Une belle chanson de June Carter (et un hit pour Cash) résume alors la situation : « Ring of Fire » (n°17 en mai 63) décrit le « cercle de feu » dans lequel s'est enfermé le chanteur. C'est Cash lui-même qui adjoindra un arrangement de trompette à la mexicaine à la chanson, affirmant que l'idée lui est venue en rêve. En 1961, il est victime d'une overdose. Soupçonné de trafic d'héroïne (il dissimule les doses dans la caisse de sa guitare), il est arrêté en 1965 au Texas. Cette période inspirera le romancier Stephen King dans la rédaction de Shining (Cash avait alors coutume de faire des motels où il séjournait du petit bois, et ce à coups de hache).
Durant cette longue période, Cash, au comportement erratique, est devenu totalement incontrôlable. En juin 1965, l'échauffement du train avant de son bus de tournée provoque l'incendie de plusieurs hectares d'un parc national californien. Le juge, demandant au chanteur quel est son sentiment quant à ce fait divers, se voit gratifié de la réponse suivante : « moi, je ne sais pas... vous n'avez qu'à demander à mon bus... mais comme il est mort... ». Deux années plus tard, le duo « Jackson » (juillet 67) permet heureusement au couple emblématique Carter/Cash de remporter un Grammy Award. C'est Bob Dylan qui, dans un souci thérapeutique, l'invite à participer au Festival folk de Newport. Au fond du gouffre, Johnny Cash chante son amour éperdu pour sa belle dans « I Still Miss Someone » (album I Walk The Line - 1964). En 1969, il participe au controversé (car considéré comme une trahison réactionnaire par les tenants du folk progressiste) album Nashville Skyline de Bob Dylan. Néanmoins, et de son côté, aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'establishment country, excessivement traditionaliste, considérant d'un très mauvais ?il ses différents excès, met progressivement Cash au ban de sa bonne société.
L'épopée se poursuit, en février 1968, comme un conte de fées : aidé par sa compagne et tout le clan Carter (Maybelle, maman et femme de tête), Cash troque drogues contre religion (il devient chrétien fondamentaliste), divorce (sic - Vivian Liberto et lui ont eu quatre filles en six ans), et demande June en mariage en plein concert (cette dernière lui avait mis le marché en main : le sevrage contre la bague au doigt). En 1968 et 1969, il offre deux concerts historiques dans les pénitenciers de Folsom et de San Quentin : les deux albums qui y seront enregistrés, non moins historiques, sont considérés par le magazine Rolling Stone comme appartenant aux cinq cents meilleurs disques de l'histoire.
En 1970 naît John, fruit de son union avec June. Le chanteur est reçu par le Président Richard Nixon à la Maison Blanche, et, autre forme d'honneur, enregistre avec John William et le Boston Pops Orchestra, puis croise Kirk Douglas sur un plateau de cinéma (The Gunfight). Citoyen actif, il milite avec sa femme au bénéfice des convicts, et des Indiens d'Amérique. Le chanteur diversifie ensuite ses activités, devenant animateur pour le compte de la chaîne télévisée ABC (le Johnny Cash Show règnera sans partage sur les ondes jusqu'en 1971). En 1972, June Carter et Cash produisent le film Gospel Road sur la vie du Christ : elle y incarne Marie-Madeleine. De plus, Johnny participe au fil de sa carrière à quelques séries télévisées, comme Columbo, La Petite maison dans la prairie, et Docteur Quinn, femme médecin. Il prêtera même sa voix à un épisode des Simpsons : il y incarne un coyote...de l'espace. D'un point de vue plus littéraire, il trouve le temps d'écrire son autobiographie, L'Homme en noir (1975).
Dans la distinction
A la fin des années 70, battant en brèche une ridicule réputation de chanteur réactionnaire, Cash enregistre des standards de Nick Lowe (chantre du pub rock britannique avec le groupe Brinsley Scwharz), Kris Kristofferson (emblème d'une certaine country progressiste, et saisissant portrait d'une épave dans le film Wanda's Café), et Dylan.
Les dates ... 2010 (01 Mars) Sortie de American VI: Ain't No Grave 2003 (25 Novembre) Sortie de la compilation Unearthed |