Née le 7 novembre 1943 à Fort McLeod dans l'Alberta au Canada, Roberta Joan Anderson est frappée à l'âge de neuf ans par la poliomyélite. Pendant sa convalescence, elle développe sa sensibilité artistique et s'initie au chant. Également douée pour le dessin et la peinture, elle entreprend des études d'art à Calgary et commence à chanter dans un club local, La Dépression. Au bout d'un an, elle plaque ses études de peinture et décide de faire le grand saut en partant à Toronto.
De l'Alberta à New York
En 1965, « Joni » épouse le chanteur américain Chuck Mitchell avec qui elle forme un duo. Le couple émigre et se produit à Detroit où « Joni » est repérée par le chanteur folk Tom Rush, qui inclut «Urge For Going» et «The Circle Game» à son répertoire. En février 1965, Joni Mitchell accouche d'une petite fille, mais es difficultés pécuniaires du couple (en voie de séparation) obligent la jeune mère à laisser l'enfant à l'assistance publique. Joni Mitchell tente sa chance à New York.
La réputation de Joni Mitchell ne cesse de croître : sa grande inspiratrice Judy Collins reprend «Michael from the Mountains» et « Both Sides Now» (qui atteint le Top 10). Dave Van Ronk, Buffy Sainte-Marie ou Fairport Convention reprennent ses chansons («Chelsea Morning» et «I Don't Know Where I Stand»). En 1968 Joni Mitchell sort son premier album Song to a Seagull produit par David Crosby, qui devient son amant. Grâce à ce succès grandissant et à la présence de « Both Sides Now », son second album Clouds, acoustique et plus diversifié, remporte un Grammy Award en 1970.
La dame du Canyon
David Crosby et Stephen Stills, lui font rencontrer Graham Nash avec qui elle entame une liaison. Ensemble, ils s'installent dans un bungalow de Laurel Canyon, qui inspire le titre de son troisième album Ladies of the Canyon en 1970, aux riches arrangements tirant vers le jazz (d'où sont extraits « Big Yellow Taxi » et le classique « Woodstock »). En août, au festival de l'Ile de Wight, elle exécute une grande prestation dans un contexte hostile. Elle part ensuite en Europe où elle travaille de nouvelles chansons. L'album Blue (juin 1971) est salué comme un chef-d'œuvre.
En octobre 1972 sort For the Roses, qui s'ouvre au country-rock avec le tube «You Turn Me on, I'm a Radio». En janvier 1974, Court and Spark surprend par ses aspects pop, et les arrangements subtils du L .A. Express de Tom Scott, et des Crusaders. L'album obtient un Grammy Award. Une tournée mondiale donne lieu au double Miles of Aisles, et le L.A. Express est reconduit pour l'album suivant, The Hissings of Summer Lawns (1975). La même année, Joni Mitchell participe à la Rolling Thunder Revue de Bob Dylan en compagnie de Joan Baez, Roger McGuinn et Mick Ronson.
En 1976, elle participe au concert d'adieu de The Band, où elle exécute l'inédit « Coyote ». A l'été 1976, elle réunit ses musiciens et engage le prodige de la basse Jaco Pastorius pour l'album Hejira, jazzy et éthéré (n°13 au Bilboard et disque d'or). Elle fait de fréquents concerts accompagnée du seul bassiste Jaco Pastorius. Au printemps 1977, elle engage pour collaborateurs le batteur Don Alias et le saxophoniste Wayne Shorter. Plus expérimental et ouvert aux musiques latines, le double Don Juan's Reckless Daughter est l'album le plus proche du jazz qu'elle ait produit. Le contrebassiste Charles Mingus la contacte en vue d'une collaboration. Les deux artistes entreprennent alors l'enregistrement de Mingus, achevé sans le jazzman disparu en janvier 1979.