Guide Musique > Chanson française > Julien Clerc > Biographie
Pas facile de traverser l’ère du rock ’n’ roll, le temps des hippies, l’époque de la musique électronique puis enfin le retour de la chanson française tout en s’en sortant indemne. Julien Clerc, éternel ado et pourtant vieux routard de la scène hexagonale, y est pourtant parvenu. Débutant en 1968, cet ancien de la comédie musicale Hair, connu pour des tubes comme « Femmes, je vous aime », « La Fille aux bas nylons », « Mélissa » et « Lily voulait aller danser » a traversé les époques presque sans prendre une ride.
Fils d’un diplomate international de l’UNESCO, rien ne semblait prédestiner Pierre-Alain Leclerc, né le 4 octobre 1947 à Paris, à une carrière artistique. S’il semble dès le départ être promis à une carrière diplomatique, politique ou journalistique (à l’image de son demi-frère Gérard Leclerc, au sein du groupe France Télévisions), Pierre-Alain n’est est pas moins un enfant de son temps, dont l’univers acoustique de jeunesse s’enrichit des sonorités nouvelles venues d’Amérique, lesquelles sont à mille lieues des cours de piano obligatoires qu’il prend depuis l’âge de 6 ans. Il faudra au futur Julien Clerc la découverte de Jerry Lee Lewis, de son « Great Balls of Fire » et des jazzmen américains pour le convaincre que le piano n’est pas uniquement dévolu à la musique de chambre. Tiraillé entre la culture mixte de ses parents (sa mère est guadeloupéenne) et marqué par leur divorce, des thèmes qu'il évoquera bien plus tard dans l'album Double Enfance,le futur Julien Clerc se raccroche à ces sons venus d'ailleurs.
Autodidacte, il prend l’habitude de reproduire sur son instrument les tubes qu’il entend à la radio. Une petite gymnastique autant manuelle qu’intellectuelle qui permet au jeune pianiste, qui n’hésite pas à retravailler les morceaux reproduits, de développer des talents d’improvisation autant que de composition originale. Ses premières compositions originales, c’est au lycée qu’il les fait, en compagnie d’un de ses condisciples de classe, Maurice Vallet, qui deviendra l’un de ses paroliers récurrents à l’avenir. Ayant échoué au concours d’entrée à Sciences-Po, Pierre-Alain se voit contraint d’oublier la vénérable institution de la rue Saint-Guillaume pour s’inscrire à la fac. Heureuse coïncidence : c’est dans les cafés du Quartier Latin aux alentours de la Sorbonne, où il suit des cours de droit, qu’il fait la connaissance de l’un de ses futurs collaborateurs artistiques, Etienne Roda-Gil.
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