Fils du sociologue René Lourau, Julien Lourau naît en 1970. Il débute le saxophone à onze ans en suivant une formation classique, maîtrisant principalement le saxophone ténor, mais également l’alto et le soprano. A dix-huit ans, il se met au jazz en s’intéressant tout d’abord à sa tradition, au travers de musiciens comme Jackie McLean, Art Blackey, Sonny Rollins, John Coltrane ou Miles Davis, puis au jazz-rock du Weather Report. Se prêtant peu à la discipline de l’école, il la quitte assez rapidement.
A l’école de la liberté
En 1989, Julien Lourau s’installe à Paris et fréquente le flûtiste Malik Mezzadri (Magic Malik), le guitariste Noël Akchoté et le pianiste Bojan Zulfikarpasic (Bojan Z), au sein d’un jeune groupe de free-rock, Trash Corporation. Il apprendra également beaucoup auprès de la chanteuse Abbey Lincoln – sideman sur son disque Turtle’s Dream (1995) –, du contrebassiste Henri Texier, du saxophoniste Marc Ducret, et de l’Orchestre National de Jazz.
Composé du trompettiste Nicolas Genest, du tromboniste Daniel Casimir, du vibraphoniste Norbert Lucarain, du contrebassiste Jules Bikoko Bi N’Jami et du batteur Daniel Garcia-Bruno, le Groove Gang de Julien Lourau va créer une musique inspirée du funk, explosive et festive, mais propice aux improvisations free. Leur premier disque, Groove Gang (1995), propose un panel de compositions aux mélodies les plus accrocheuses : thèmes saccadés et nerveux (« Erotik », « Falling », « Verhovec »), nonchalants (« Chain of Fools », « Funkaception »), chants traditionnels (« Sisivijana » de Tanzanie, « Chant de Veillée » de Bulgarie), jusqu’au « Madres de Plaza de Maya » révélant déjà tout le lyrisme du saxophoniste.
En 1996, Julien Lourau participe à l’expérience éphémère du collectif Olympic Gramofon qui rassemble de jeunes musiciens en quête d’expérimentations, tels les guitaristes Sébastien Martel et Eric Löhrer, le DJ Shalom, ou le violoncelliste Vincent Ségal et le batteur Cyril Atef, futurs membres du duo electro Bumcello.
Avec le Groove Gang, Julien Lourau enregistre un second album, City Boom Boom (1998), moins funk que le précédent et qui reçoit une Victoire du jazz en 1999. Au sein du groupe se greffe le percussionniste Minino Garay, la chanteuse Deirdre Dubois, le flûtiste Malik Mezzadri, DJ Shalom, et les violoncellistes Vincent Ségal et Vincent Courtois. Les thèmes des titres « Agua » et « Voodoo Dance » faisant déjà particulièrement fureur auprès d’un public jeune pour le monde du jazz, Julien Lourau les reprendra sur son album suivant.
Fin de l’aventure
Après un ultime concert le 12 décembre 1998 au New Morning, le leader du Groove Gang décide de dissoudre le collectif. Lors d’un séjour londonien, il découvre les sonorités électro, lors de soirées garage, house et drum & bass. Il s’intéresse alors aux travaux de Talvin Singh qui mélange musiques électro et indiennes, et de Frédéric Galliano avec la chanteuse malienne Nahawa Doumbia.