Après un premier album
Groove Gang (1995) remarqué pour son style funk volcanique,
Julien Lourau et son Groove
Gang évoluent, avec
City Boom Boom (1998), vers une sonorité plus urbaine et des compositions plus envoutantes.
Si l’on retrouve cette énergie explosive libérée par des musiciens survoltés (
« Paris Chavirée »,
« Spring Roll »,
« Voodoo Dance »,
« Bata Cash ») qui ne manquent pas d’humour (
« Du Bist Too Much » et son solo de trompette et ses scratches), ceux-ci se laissent entraîner vers une musique plus hallucinogène. Annoncé d’entré de jeu (
« Agua »), son pouvoir ensorcelant atteint son paroxysme grâce à la sulfureuse (
« City Boom Boom ») et voluptueuse voix de
Deirdre Dubois (sur la somptueuse mélodie arabisante de
« Slow Motion »).
Saxophoniste et compositeur talentueux,
Julien Lourau s’est entouré de la fine fleur des jeunes musiciens qui enflammeront la scène jazz française du début XXIème siècle, comme le flûtiste Malik Mezzadri, le percussionniste
Minino Garay ou le violoncelliste Vincent Segal. Aboutissement du Groove
Gang,
City Boom Boom (1998) est couronné d’une victoire du jazz en 1999. Epris de liberté,
Julien Lourau dissoudra le groupe pour voguer vers de nouvelles aventures.
Sophie Lespiaux