Peut-on survivre à un premier album vendu à trois millions d’exemplaires, et si oui, comment ? Naturellement, en tentant de reproduire au plus près les paramètres du succès initial.
Katie Melua et son producteur
Mike Batt s’attachent donc à élaborer le même mellow jazz, une pop identique, une pareille chanson adulte, à usage du marché international, que leur enregistrement précédent.
Fort logiquement (les deux sont des artisans efficients), ils y parviennent, grâce à des refrains habiles (
« Nine Million Bicycles », qui, par ses doctes considérations sur l’univers fini ou infini, fâchera momentanément la chanteuse avec la Société Britannique d’Astronomie), ou des variations bluesy (
« Shy Boy ») parfaitement bien troussées. Et Melua a une très jolie voix, même si pas bouleversante d’originalité. On peut simplement s’étonner de la présence simultanée au programme de
Piece By Piece d’une reprise du groupe de blues américain
Canned Heat (
« On The Road Again »), ainsi que de la version du
« Just Like Heaven » emprunté à
The Cure.
A ce niveau de collision culturelle, on peut considérer que si
Katie Melua a d’assez grands bras pour embrasser des registres aussi divers, c’est qu’elle est dotée d’un sacré talent. Sont venus la soutenir dans l’effort, le guitariste
Chris Spedding – désormais un habitué – ainsi que l’ancien chanteur de
Manfred Mann Paul Jones.
Piece By Piece, nouveau triomphe européen, ne fera que frôler le Top 100 des charts américains, mais connaîtra en revanche la troisième position des ventes d’albums de jazz.
Christian Larrède