par Mikaël Faujour

C’est à travers un parcours humain singulier, dans les marges de la société (foyers, errances, squats anarchistes…), que Keny Arkana a rodé dès son plus jeune âge un goût viscéral pour la liberté. La « rage » acquiert, les années passant, un sens politique qui se pose au fondement même d’un rap qui lui colle à la peau et dans lequel s’exprime tout son être, pétri de révolte et d’espoir. Avec son premier album, Entre Ciment et Belle Etoile (paru en 2006), la jeune rappeuse donne le ton : un flow que rien n'arrête, servant un propos tour à tour ouvertement altermondialiste ou autobiographique. Elle se révèle d'emblée comme l'un des éléments les plus prometteurs de la scène hip-hop française.

Fille d’un père argentin – qu’elle n’a jamais connu – et d’une mère française, Keny Arkana (de son vrai prénom Victoria) naît par hasard à Boulogne-Billancourt le 20/12/1983. Peu après sa naissance, sa mère s’installe à Marseille, où l’enfant grandit. Dès l’âge de neuf ans, Keny Arkana commence à fuguer. A onze ans, un juge pour enfants la fait placer en foyer ; elle y découvre notamment les méfaits de la « camisole chimique » et le mépris social d’un directeur de foyer qui ne lui donnait aucun avenir (ce qu’elle rapporte dans le vindicatif « Eh Connard », sur l'album Entre Ciment et Belle Etoile). L’expérience s’avère décisive pour la fillette : « C’est là que j’ai compris l’hypocrisie du système. On te parle de droits de l’homme alors qu’on ne respecte pas les droits de l’enfance », dira-t-elle plus tard (Libération, 23 novembre 2007). Déscolarisée à douze ans, elle commence à rapper à treize. Son adolescence, tout aussi mouvementée, est faite de séjours en foyer et de fugues (ce qu’évoque le morceau « Je me barre »), parcourant notamment l’Espagne, l’Italie et l’Argentine (« Souvent chez les métis, on a tendance à se retourner vers la racine qu’on connaît le moins », déclare-t-elle d’ailleurs).

C’est donc en Argentine, pays dévasté par la grave crise économique d’après 2001, conséquence de la politique néolibérale du président Carlos Menem (1989-1999), que Keny Arkana se forge une conscience politique à sensibilité altermondialiste. C’est également durant ces années d’adolescence qu’elle se lance sérieusement dans le rap. En 1998, elle participe aux ateliers de la Friche de la Belle de Mai, s’inscrivant alors avec d’autres jeunes dans une dynamique active de création et de recherche de scènes. Dans la foulée, se créent successivement les collectifs Mars Patrie et Etat-Major, grâce auxquels elle se fait peu à peu connaître dans le milieu rap underground de la cité phocéenne.

Les dates ...

2008 (Juin)
Tournée en première partie de Manu C ...

2008 (28 Avril)
Parution de « La Cause »

2008 (07 Avril)
Sortie de Désobéissance

2007 (Novembre)
Apparition lors de la soirée du Prix ...


Vidéo

5 eme soleil
Keny Arkana

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