Keren Ann Zeidel est née le 10 mars 1974 à Césarée, petite ville de la côte méditerranéenne d'Israël. Première née de ce village, elle en garde une symbolique tout à elle. Mais ce ne sont pas ses seules origines : son père israélien a des origines russes et polonaises, sa mère hollandaise une ascendance indonésienne.
L'enfance de
Keren Ann est faite d'allers-retours entre Tel-Aviv et La Haye, où sont installées sa famille paternelle et maternelle, avant d'emménager à Paris où, âgée de onze ans, elle commence à mieux apprendre le français après s'être accoutumée à écouter des vinyles de
Serge Gainsbourg. La chanson française, la musique juive traditionnelle, le jazz et le folk américain -
Chet Baker,
Joni Mitchell,
Carole King - constituent d'autres repères musicaux. C'est avec une première guitare offerte que
Keren Ann commence à écrire et composer, avant de se familiariser avec le piano, le saxophone et la clarinette. Outre des études supérieures pluridisciplinaires (allant de l'informatique à l'océanographie en Californie), la jeune néerlandaise a l'opportunité de jouer le rôle de Judith dans le film d'Alexandre Arcady
K (en 1997, aux côtés de Patrick Bruel) - dont elle compose le générique de fin.
Keren Ann + Benjamin Biolay1998 est l'année de la rencontre avec
Benjamin Biolay et
Karen Brunon, alias Karen April, qui deviendra par la suite sa fidèle violoniste accompagnatrice. C'est l'époque du trio Shelby, dont le single
« 1+1+1 » signé Zeidel et Biolay est remarqué par M6.
Keren Ann en est la blonde au style semi-gothique.
C'est la même équipe que l'on retrouve sur le premier album solo de Keren Ann :
La Biographie de Luka Philipsen (avril 2000), dans la lignée de la chanson française classique, dont elle écrit et compose tous les titres avec (ou sans)
Benjamin Biolay. Le morceau-titre rend à la fois hommage au tube
« Luka » de
Suzanne Vega et à sa grand-mère Louise Philipsen. C'est d'ailleurs ce nom qu'elle choisit pour son studio d'enregistrement parisien. L'album obtient un certain succès d'estime (10.000 ventes) et les titres
« Seule » et
« Sur le fil » sont programmés en radio. Notons également la réalisation d'Emilie Chédid pour ses clips et le titre
« Jardin d'hiver » que l'on retrouvera chez
Henri Salvador.
C'est ce beau travail qui donnera envie à
Henri Salvador de travailler avec cette équipe neuve sur quatre titres de l'album
Chambre Avec Vue (2001) qui marque son retour triomphal.
Salvador reçoit une Victoire de la musique pour la chanson
« Jardin d'hiver », relançant la carrière de l'album de
Keren Ann avec qui il collabore de nouveau pour
« Ma Chère et tendre ». La même année,
Keren Ann tourne en première partie de -M- et de
Suzanne Vega, et donne ses premiers concerts en tête d'affiche au Bataclan et à l'Européen. Avec le groupe
Tanger, elle reprend
« Il n'y a pas d'amour heureux » sur un album hommage à
Georges Brassens.
La DisparitionEn avril 2002 sort
La Disparition, second album, de nouveau réalisé avec son alter ego
Benjamin Biolay. Le disque dépasse le succès d'estime pour se voir attribuer un Disque d'argent marquant plus de 55.000 exemplaires vendus. Les titres phare en sont
« Au coin du monde » et
« Ailleurs » dont les vidéos au style sixties sont toujours confiées à Emilie Chedid. La tournée qui suit comprend un premier Olympia parisien le 29 octobre. Nommée aux Victoires de la musique 2003 dans la catégorie « Artiste féminine de l'année »,
Keren Ann s'efface devant
Lynda Lemay.
Attachant plus d'importance à la sonorité des mots qu'à leur sens, c'est tout naturellement que
Keren Ann oriente son nouveau répertoire vers la langue anglaise. Signée par Capitol-EMI (Blue Note aux Etats-Unis), elle fait paraître
Not Going Anywhere (le 24 août 2004), album comprenant quatre titres du disque précédent adaptés dans la langue de Shakespeare, dont le single
« Sailor & Widow ».