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Biographie de Killing Joke

La légende veut que Killing Joke soit né d'une rencontre dans une file d'attente de l'agence britannique pour la recherche d'emploi à la fin de l'année 1978 : de là va naître une musique que Jeremy « Jaz » Coleman et Paul Ferguson décriront comme « the sound of the earth vomiting » (le son que ferait la Terre en vomissant). Pour donner corps à leurs idées, ils passent une annonce dans le journal musical Melody Maker et recrutent le guitariste Kenneth « Geordie » Walker et Martin « Youth » Glover. Le groupe tient son nom d'une expression britannique faisant référence à une situation ou un événement paradoxal, ironique.

Ces quatre anglais se mettent alors à l'écriture et tournent dans plusieurs petites salles où ils commencent à acquérir une solide réputation. L'enregistrement d'un premier single « Turn to Red » leur permet d'attirer l'attention de John Peel et de signer avec Island Records. Killing Joke, leur premier album, propose un univers musical saturé de nombreuses sonorités électroniques, de batteries tribales, de basses syncopées et d'un son de guitare unique à l'époque. Sur scène, Jaz Coleman apparaît le visage couvert de peintures, hurlant et annonçant la fin du monde (une de ses spécialités).

Le groupe façonne son propre son avec la sortie de What's THIS for (fin 1981) puis de Revelations (1982). Mais, plongé dans l'incertitude quant à la direction musicale du groupe, et suite à la disparition temporaire de Jaz ColemanKilling Joke se sépare. Le trio Coleman, Walter et Ferguson se reforme au bout de quelques mois et accueille Paul Raven, bassiste que Paul Ferguson ramène de son expérience avec Youth, le groupe Brilliant.

Le nouveau Killing Joke amorce dès lors un virage sujet à controverse avec Fire Dances (1983), présentant des styles musicaux plus variés. Mais le véritable tournant du groupe est pris avec Night time (1984), enregistré à Berlin, qui comprend le single « Love like blood » (Top 20 des charts UK). Cet album a la particularité de sonner très pop, avec une batterie basique surfant sur la vague électro-body-music, des mélodies muées en ritournelles perpétuellement mièvres. Adieu donc au coté percutant et violent, Killing Joke perd même une partie de son public au profit de fans de The Cure ou Depeche Mode.

Toutefois Night Time reste un succès commercial et l'un des albums les plus importants de Killing Joke, sur cette lancée le groupe sort l'année suivante Brighter than a thousand suns, toujours très pop et sur fond de cold-wave givrée dans la mouvance de l'époque.

Ce succès de tardera pas néanmoins à s'effriter, car pendant l'enregistrement de ce qui devait être un album solo de Coleman, Virgin Records met la main sur des démos enregistrées par Walker et Coleman et projette d'en faire un album de Killing Joke. C'est donc en toute hâte que Coleman finalise les morceaux pour ce nouvel opus, Outside the gate, qui verra le jour en 1988 avec de nouveaux musiciens et restera la pire édition liée au patronyme. Sur le même principe paraît l'année suivante  The Courtald talks. C'est la fin d'une époque. Killing Joke décide de se séparer, puis tente un procès contre la maison de disque, qui ruinera le groupe tant moralement que financièrement.

Killing Joke se reforme malgré tout et se lance dans une tournée, allant de petits clubs en petits clubs avec de nouveaux musiciens. A partir de ce moment, et pour la décennie à venir, le groupe voit passer tellement de membres qu'il devient symboliquement un collectif, une famille, avec sa manière de vivre, de penser, et articulée autour d'un homme charismatique, Jaz Coleman.

En 1990, après quatre ans de silence créatif, Killing Joke redonne enfin signe de vie : Extremities, dirt and various repressed emotions devient le deuxième brûlot du groupe en renouant avec l'avalanche de dégoût, de colère et de sarcasmes si caractéristiques de leur musique. Avec le recul, cet opus reste certainement le plus terrifiant de tous. La cold-wave est mise au placard au profit de hurlements profonds, de riffs grassouillets, de sonorités métalliques, de mélodies grinçantes. Coleman y a mis toute son âme : outre les cris plus rauques et malsains les uns que les autres, les textes sont presque tous des bras d'honneur envoyés à la société. Mais le côté novateur se situe dans les arrangements : Killing Joke revêt alors un côté très industriel grâce à l'utilisation de diverses sonorités en complément de sa musique.

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Les dates ...

2010 (27 Septembre)
Nomination : Chevalier des Arts et Lettres
2007 (20 Octobre)
Décès de Paul Raven
2006 (Avril)
Sortie de Hosannas from the basement of hell
1994 (Juillet)
Sortie de Pandemonium
1990
Sortie de Extremities, Dirt and...

Vidéo

Killing Joke - clip vidéo Absolute Dissent

Absolute Dissent
Killing Joke