En 1996, la réunion des quatre quinquagénaires de Kiss avait donné lieu à une tournée mémorable et abouti deux ans plus tard à l'album
Psycho Circus, dernier effort studio de la légendaire formation originale. Après cela, les choses n'ont plus jamais été les mêmes. Certes, Kiss offrait toujours son lot de sensations fortes en concert, comme en témoigna leur passage à Bercy (Paris) en 2008. Mais le passage à la composition et à l'enregistrement est une toute autre histoire.
C'est donc dans une formation inédite que se présente le Kiss dans son inespéré cru 2009 avec le guitariste soliste
Tommy Thayer et le batteur
Eric Singer.
Sonic Boom, vendu en exclusivité aux Etats-Unis par la chaîne de magasins Wal-Mart, entre les aliments canins et (forcément) le rayon maquillage, propose onze titres calibrés de rock hollywoodien et pas une once de graisse.
Dès l'entame par le single
« Modern Day Delilah », Kiss fait savoir qu'il est et demeure un groupe de rock'n'roll, prenant appui sur le
Rock'N'Roll Over de 1976 auquel la pochette se réfère. Son attaque tranchante et son solo vertigineux en font le meilleur titre d'un album qui manque cruellement de la rage, de l'originalité et de la virtuosité qui prévalait à l'époque précitée.
Si
« Russian Roulette »,
« Never Enough » (curieux lancer de platform boot en direction d'AC/DC) et
« Stand » font encore illusion, la cause est vite entendue. Les deux tiers de
Sonic Boom sentent la répétition et la facilité. Dommage pour les néophytes qui vont découvrir le groupe avec cet opus qui au lieu d'exploser, fait pschitt.
Loïc Picaud