Comme beaucoup de groupes pop-rock, c’est dans un lycée que commence l’aventure de
Kyo, lorsque 4 minots musiciens inspirés par les succès du moment (Pearl Jam, RATM,
Nirvana...) s’associent pour monter une formation et jouer en amateur.
Benoît Poher,
Nicolas Chassagne,
Florian Dubos et son frère Fabien forment alors une structure tout ce qu’il y a de plus classique composée de deux
guitar-heroes, d’un bassiste et d’un batteur. Reprenant les standards de leurs idoles, le quatuor, baptisé
Kyo - d’après le nom d’un personnage du manga
Fruit Basket – commence très vite à tourner sur la scène lycéenne francilienne et multiplie les petits concerts dans des salles réduites, des fêtes populaires et n’oublient pas de réserver l’abribus de leur quartier chaque 21 juin pour la traditionnelle Fête de la musique.
Un parcours parfaitement classique pour un groupe lycéen, qui, comme tant d’autres, aurait pu s’arrêter au moment de l’inscription en fac. Mais les quatre membres de
Kyo persistent à jouer ensemble, à composer leurs propres morceaux et à écumer les salles de concerts locales. Trois années de vaches maigres seront le prix à payer pour une rencontre qui s’avérera capitale en 1997 : celle d’un exécutif de Sony qui, les ayant repéré dans un festival, décide de leur accorder une chance et de les lancer sur le marché du disque.
Une fois pris en main par un manager professionnel et disposant en soutien de l’artillerie lourde de Sony,
Kyo prend l’habitude de fréquenter des salles autrement plus prestigieuses que celles sur lesquelles le groupe s’était produit jusqu’alors. D’autant que leur maison de disque leur offre la possibilité de faire la première partie de
David Hallyday, ce qui contribue à accroître leur notoriété.
En 2000 sort leur premier album, tout simplement appelé
Kyo. En dépit de futurs morceaux tels que
« Il est temps » ou
« Mes racines et mes ailes », qui seront redécouverts par la suite une fois la notoriété du groupe acquise, le succès n’est qu’en demi-teinte. Les 40 000 exemplaires vendus, s’ils représentent un score honorable pour un premier album, sont cependant insuffisants pour faire de
Kyo un groupe authentiquement
bankable.
Cependant, le potentiel est là et il sera pleinement exploité trois ans plus tard avec
Le Chemin, second album du groupe qui cartonne à un million d’exemplaires vendus. Porté par des titres comme
« Une dernière danse », « Je saigne encore » ou
« Le chemin » (en duo avec Maria
Vermeulen alias
Sita, la gagnante de la
Star Academy néerlandaise), l’album propulse
Kyo aux sommets des hit-parades et impose Benoît Poher comme candidat crédible pour le rôle de nouveau sex-symbol dans le cœur des teen-ageuses.
C’est à peut près à cette période que l’habitude de jeter des petites culottes sur scène lors des concerts du groupe rentrera dans les mœurs de certaines fans. En attendant, l’album et le groupe amassent les prix et les récompenses : NRJ Music Awards, MTV Europe Music Awards et Victoires de la Musique (au détriment des Wampas qui étaient leurs challengers cette année là) viennent consacrer l’album et la chanson
« Une dernière danse ».Révélation de l’année 2004,
Kyo entame une tournée aux quatre coins de l’Hexagone, selon l’expression consacrée, et sort dans la foulée un DVD retraçant cette tournée,
Kyosphère. Profitant de leur nouvelle notoriété, les membres de
Kyo se voient contactés par d’autres artistes qui leur proposent des collaborations ou leur demandent de leur écrire un morceau. Ce sera le cas de Sita
, mais aussi de
Jenifer Bartoli, de
Thierry Amiel, d’Emmanuel Moire, du vétéran
Johnny Hallyday ou de la revenante Stéphanie de Monaco.
En 2005, l’album
300 Lésions davantage orienté « rock » que « pop » et renfermant des morceaux plus sombres et tourmentés que dans leurs précédents opus (la colère adolescente, quoi). Nouveau succès pour
Kyo, machine à vendre désormais bien rôdée. La tournée qui suit est triomphale, mais cependant quelque peu entachée par les propos maladroits de Benoît Poher sur la loi DADVSI (car tout mignons et cool qu’ils soient lors de leurs interviewes télévisées, les chanteurs de variétés ont tout de même tendance à avoir un oursin dans le portefeuille dès lors que le sujet du téléchargement est évoqué).