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par Christian Larrède

Leonard Albert Lenny Kravitz est, pour le moins, venu au monde une cuillère d’argent dans la bouche : lorsqu’il voit le jour le 26 mai 1964 à New York, maman (Roxie Roker, noire d’origine bahaméenne) est actrice de télévision, papa (Sy Kravitz, quant à lui, juif ukrainien) est producteur de télévision. Leonard doit son prénom à un oncle, héros de la guerre de Corée.

Même si le jeune enfant subit bien davantage des influences africaines que des réminiscences en provenance d’Europe centrale, il reste avant tout un fils de la bourgeoisie, grandissant dans l’opulence de Bedford, quartier névralgique de la culture noire américaine à Manhattan. On écoute donc tout genre de musique chez les Kravitz, sachant que, le père organisant également des concerts de jazz, il n’est pas rare que Count Basie ou Ella Fitzgerald passent boire le café. Les trois faits saillants de l’enfance du futur musicien restent une extrême aptitude à taper sur des casseroles, juste avant que ses parents ne se résignent à lui offrir une batterie, Duke Ellington interprétant « Joyeux Anniversaire » en son honneur, ainsi qu'un concert des Jackson 5, qui lui laissera un sentiment impérissable.

Dr. Lenny & Mr. Romeo Blue

Après une installation en Californie en 1974, Kravitz se frotte à un répertoire classique dans des chorales, chante avec le Metropolitan Opera et découvre le rock. Il fréquente distraitement la Beverly Hills High School, où il croise néanmoins l’acteur Nicolas Cage et le guitariste Saul Hudson (plus connu sous le nom de Slash et comme guitariste de Guns N' Roses). Entre deux panouilles pour des spots publicitaires télévisés, la décision est prise : Lenny Kravitz sera musicien de studio.

Bien que sa mère l’ait initialement encouragé dans sa passion croissante pour la musique, Lenny se trouve à l’adolescence en conflit avec ses parents. Toutefois, après avoir quitté dès l’âge de quinze ans le foyer familial, vécu une existence de bohème, dormi dans des épaves de voiture et adopté, sous le pseudonyme de Romeo Blue, une personnalité extravertie (maquillage, lentilles de contact d’un bleu profond), le fils convainc le père de financer des démos, profondément influencées par Prince. Plusieurs labels se déclarent intéressés, mais demandent au jeune Kravitz de choisir entre le noir (soul, funk) ou le blanc (rock). Fermement, il refuse.

En 1985, ses parents divorcent et les relations avec son père se tendent. La même année, Lenny Kravitz rencontre l’ingénieur du son et musicien Henry Hirsch : ils travaillent de concert (rejoints par le saxophoniste Karl Denson) sur un projet d’album dont la gestation durera près d’un an et demi (mais le studio est payé par Papa Kravitz, ce qui démontre que tout ne va pas si mal entre les deux). Les trois artistes partagent une semblable fascination pour les instruments millésimés, et la musique qui l’est tout autant : Hirsch et Denson se retrouveront, au fil des années, sur la plupart des réalisations de Lenny Kravitz.

Le 16 novembre 1987, il épouse en toute frénésie (et à Las Vegas) la jeune actrice (de la célébrissime série télévisée The Cosby Show) Lisa Bonet. Elle a vingt ans ; ils sont beaux et ils s’aiment. Le 1er décembre 1988 voit la naissance de Zoë Isabella Kravitz.

En 1989, en paix avec lui-même, Lenny met fin à la plaisanterie du double (en fait calqué sur la pratique de David Bowie avec Ziggy Stardust) Romeo Blue et signe un contrat avec la multinationale Virgin. Le 19 septembre, Let Love Rule, premier album du jeune musicien, est offert au monde : si l’accueil reste réservé dans son pays d’origine, l’enthousiasme pointe en Europe avec le morceau-titre en rotation radio intense. Lenny Kravitz donne in petto une dimension spirituelle à son art, se considérant à la convergence des mystiques chrétienne et hébraïque. Les critiques, de leur côté, suspectent la fascination (jusque dans les accoutrements), du chanteur pour les sixties de n’être qu’une pose, simplement propice à attirer l’attention sur lui à peu de frais.

Lenny Superstar

En 1990, il compose « Justify My Love » pour Madonna : la chanson à parfum de soufre atteint les sommets des charts et on prête une liaison à Louise Ciccone et son compositeur. Malgré les dénégations de ce dernier, Lenny et Lisa se séparent en 1991. La même année, l'artiste, débordant d’activité, produit l’album de sa nouvelle fiancée, Vanessa Paradis, dont il compose et joue de tous les instruments sur son album homonyme, mais le disque ne recueille qu’un succès d’estime. Toujours en 1991, l’Américain enregistre son deuxième album : Mama Said, évocation de sa séparation d’avec Lisa Bonet, est un succès nourri des interventions de Slash, de Sean Lennon et de profondes influences en provenance de Led Zeppelin (« Always On the Run ») ou Curtis Mayfield (l’assez judicieux « It Ain’t Over 'til It’s Over »).

Les dates ...

2008 (05 Février)
Sortie de It Is Time for a Love Revolution
2004 (17 Mai)
Sortie de Baptism
2001 (30 Octobre)
Sortie de Lenny
2000 (24 Octobre)
Sortie de Greatest Hits
1998 (12 Mai)
Sortie de 5

Vidéo

Again
Lenny Kravitz