..») alors qu'il n'est fait que de déchirures et de contradictions (« La religion m'a aidé à supporter le fait d'avoir plusieurs facettes »). À l'oeuvre plus éclatée qu'on ne le croit généralement, et formant pourtant un tout cohérent (en 2001, le Lillois Olivier Lambin, alias Red, a d'ailleurs repris intégralement Songs from a Room - façon, peut-être, d'affirmer que l'oeuvre de Cohen se prend comme un bloc, ou pas du tout).
Ce sont peut-être ces paradoxes féconds qui expliquent l'immense influence de Cohen. Aujourd'hui, le Canadien fait à la fois figure de père spirituel pour toute l'indie pop des années 1980 (de House of Love aux Pixies, en passant par Ian McCulloch et Robert Forster, tous présents sur la compilation I'm Your Fan, réalisée en 1991 sous l'égide des Inrockuptibles), de compagnon de route pour les vétérans des années 1960 (John Cale, Bob Dylan), de vieux sage pour les poids lourds du rock FM (Billy Joel, Sting, Elton John ou Bono, acteurs du tribute Tower of Songs, en 1995). Et quand, au début des années 1980, un jeune groupe gothique de Leeds a dû se trouver un patronyme, c'est dans l'oeuvre de Cohen qu'il l'a trouvé : The Sisters of Mercy étaient nés.
En trente ans de carrière, Cohen aura été successivement le troubadour à guitare des années 1960, l'homme-orchestre des années 1970, l'entertainer inspiré des années 80. Romantique et cynique, croyant et païen, intimiste et politique, mélancolique et drôle (« Il y a pas mal de rires étouffés dans mes disques »). Humain, simplement : « Je n'ai jamais rencontré quelqu'un dont la vie intérieure semblait très différente de la mienne ». Il y a du Leonard Cohen en chacun, et c'est sans doute pour cela que sa musique appartient à tous.
Music Story
Les dates ... 2012 (30 Janvier) Sortie de Old Ideas 2008 (24 Novembre) Concert de Leonard Cohen |