Cet album des Thugs fut enregistré dans la campagne angevine avec aux manettes
Steve Albini, le grand sorcier du Grunge.
Les Thugs sont alors au sommet de leur reconnaissance médiatique, même si les ventes commencent à décliner.
Comme à l’habitude le titre choisi pour le disque est en lien avec la résistance, le combat. Le groupe expliquait le choix de ce titre aux
Inrockuptibles en janvier 1996 « Nous ne parlons pas de grève au sens collectif et frondeur du terme. Il s’agit plutôt d’un refus du monde et de ses contraintes, d’un refus des courbettes, de l’information et du travail . On peut certes y voir une lutte contre des pouvoirs, mais les seules requêtes induites sont un droit au calme et à la liberté individuelle »
La texture globale du disque est plus « pop » que les précédents, avec des tempos moins rapides que sur les disques précédents (même si la notion de tempo moyen reste relative en ce qui concerne les Thugs).
Le groupe alterne les morceaux incisifs comme «
Poison heart » ou
« The Letter », et titres plus apaisés tels que
« Loving you » ou
« Waiting ». On retrouve parfois des accents de
Public Image Limited lorsque les titres jouent l’ouverture et ouvrent des brèches dans l’orthodoxie du groupe.
Au final, si ce disque s’appuie sur l’expérience acquise par les Thugs au fil des années, il permet aussi de retrouver la fureur des débuts et surtout de s’ouvrir de nouveaux horizons musicaux.
Christophe Deniau