En 1992, Vacances Prolongées sonne le glas des VRP. Cet album, de loin le plus éclectique de tous, est le dernier composé et interprété du « vivant » du groupe, qui se sépare l’année suivante lors d’un concert au Zénith de Montpellier à la fin duquel ils jettent leurs instruments dans la fosse pour sceller définitivement leur carrière de représentants de commerce.
Lassés d’être devenus des modèles et de voir leurs fans venir assister à leurs concerts déguisés comme eux en reprenant leurs chansons en chœur comme des amateurs de boys bands de base, les VRP préfèrent laisser tomber l’affaire et abandonner ce groupe. Néry et deux de ses acolytes reprendront l’aventure des Nonnes Troppo, avant d’entamer une carrière solo et de collaborer aussi bien avec les Ogres de Barback que la Mano Negra. Plusieurs albums lives et compilations (Les VRP en Stage, Fermeture Définitive et Liquidation Totale) sortent ensuite, mais comme rééditions de titres déjà existants.
Malgré leur courte existence, les VRP, qui se voulaient aussi bien dans la continuité de Boby Lapointe, des Compagnons de la Chanson, de Pauline Carton (citée dans Les Livres de Fesses sous le pseudo de « Pauline Béton ») et des Frères Jacques auront durablement marqué la scène alternative française, inspirant à leur tour des dizaines de formation évoluant dans un registre semblable, des Wriggles aux Hurlements d’Léo (qui doivent d’ailleurs leur nom à une chanson du groupe) en passant par Miossec et les Têtes Raides.
Considérés comme partie intégrante de la masse bouillonnante que représentait la scène du rock alternatif à la charnière des années 80/90, les VRP auront largement contribué au renouveau d’un certain style de chanson française à textes de laquelle l’humour absurde et les fantaisies théâtrales ne sont pas absents.
Bien qu’indirectement co-responsables du renouveau de l’intérêt d’une certaine jeunesse pour le théâtre de rue, le happening urbain et la chanson française dite néo-réaliste où se côtoient le meilleur (rarement...) et le pire (souvent !), ces cinq chansonniers punk-rock qu’on comparait à des « Frères Jacques sous acide » laisse le souvenir d’un groupe totalement déjanté et plutôt doué, dont l’ultime pitrerie aura été de se suicider en public alors qu’ils étaient au faîte du succès.
Benjamin D'Alguerre
Les dates ... 1993 Adieux après un ultime concert... 1992 Sortie de Vacances Prolongées |