L’intention de
Manu Chao pour ce disque était de faire un album intime, un carnet de voyage et un polaroïd de ce qu’il vivait alors. L’album rencontre un succès extraordinaire et devient un phénomène. Il en vendra plus d’un million d’exemplaires en France. Son succès a également été énorme en Espagne, mais aussi et surtout en Amérique latine.
L’album a été enregistré sur son petit studio portable qui ne le quitte plus depuis qu’il travaille en solo. Armé d’une curiosité musicale sans limite il a accumulé les samples radiophoniques au cours de ses diverses excursions en Amérique centrale et utilise ce matériau pour composer l’album. Des discours du sous-commandant Marcos rythment les chansons. Tout est annoncé dans la première chanson qui donnera son titre à l’album
Clandestino. Le clandestin perdu dans la ville, la figure centrale de l’album, marque durablement l’image de
Manu Chao, sans doute plus qu’il ne l’aurait souhaité.
De la musique gaie et festive de la
Mano Negra, il ne reste que l’âme et l’attitude. La musique est douce, lancinante et épurée. La révolte n’est plus criée, scandée, mais juste évoquée, avec une douceur qui surprend.
« King of Bongo », morceau phare du troisième album de la
Mano Negra devient
« Bong Bong », une mélopée enfantine et mélancolique. Les morceaux racontent des tranches de vie. Chantant ou rappant en français, anglais, espagnol ou portugais il raconte la vie sur la route dans ses ballades acoustiques.
Clandestino mêle de façon homogène la sensibilité latino de
Manu Chao et ses incursions dans le reggae ou le rap.
Christophe Deniau