Depuis 2008, les nouvelles voix féminines de la folk, venues de la ville de Nevada City en Californie sont si nombreuses, qu'on peut parler de nouvelle scène mondiale. Après
Alela Diane,
Joanna Newsom, Lindsay Clark, Alina Hardin, voici donc,
Mariee Sioux.
Sorti en 2007 au même moment que celui d'Alela Diane, ce premier album de
Mariee Sioux n'a pas connu un succès aussi immense que
The Pirate's Gospel, mais révèle pourtant un talent de composition aussi fort. Cela se ressent dès les premières notes de
« Wizard Flurry Home ». La voix est
plus douce, moins gospel tout simplement, que celle de Diane. Mais les deux amies d'enfance ne jouent pas dans la même cours de (ré)création.
La musique folklorique de Sioux est bien plus ancrée dans l'histoire, en l'occurrence celle de ses ancêtres amérindiens. Sioux s'est entourée de la flûtiste Gentle
Thunder (alias Lisa Carpenter, nominée aux Grammy en 2006 dans la catégorie best New Age album), de son père
Gary Sobonya à la mandoline et d'une troupe de musiciens de la ville, s'inscrivant dans cette même recherche honorable de faire revivre la mémoire, les traditions culturelles de ces peuples éradiqués dans le sang.
Derrière leur quiétude, les chansons de
Faces in the Rocks, sont aux prises avec un passé douloureux qui leur donne une profondeur bouleversante. Une majorité des textes comporte le mot fantôme ou évoque ses parents, grands-parents ou « arrières-arrières-arrières-grands-parents » (
« Two Tongues »). Ils hantent et insufflent à cette interprète un éventail de sentiment très large. Mariee est tour à tour enfant (
« Friendboats »), triste ou pleine de grâce (
« Flowers and Blood ») et de gratitude de garder cet héritage en vie grâce à sa musique. On la comprend.
Avec la force d'écriture de ses autres idoles de la musque folk, que sont
Nick Drake,
Joni Mitchell et
Kate Wolf,
Mariee Sioux invite au voyage et au respect.
Anne Yven