Apparu sur la scène française en 1993, Mass Hysteria a mis quelques albums avant de se trouver un style définitif. Prototype du groupe fusion et hardcore hexagonal, le quintet pioche allégrement dans les influences pop-rock, death métal, punk, mais aussi électro lounge et même hip-hop. Un syncrétisme original, pas toujours apprécié par un public qui a boudé les albums les plus marqués par le rap. Revenu au métal indus des débuts avec Une Somme de Détails, en 2007, Mass Hysteria a finalement renoué avec ses premières amours.
Fondé en 1993, Mass Hysteria est un melting-pot de la scène alternative française. Venu indifféremment du punk, du métal voire du death metal, les cinq premiers membres (parmi lesquels un transfuge de Treponem Pal) orientent leurs compositions vers un metal industriel alors novateur en France, sans pour autant oublier les influences hardcore dans lesquelles tous les membres ont baigné lors de leurs premières expériences musicales.
Après quelques années de tâtonnements et un petit changement de line-up, deux démos sont enregistrées en 1994 et 1995. Bien que présentant les défauts inhérents aux premières expériences musicales (notamment un côté brouillon et inachevé ne permettant pas de donner une réelle personnalité au groupe), ces démos induisent les premières pierres de ce que sera le style de Mass Hysteria : du hardcore, du gros son et de la rage à revendre.
Sampling
Mais l’élément qui donnera son cachet au groupe arrive en la personne de Pascal, d’Overload System, mixeur et échantillonneur dont le groupe requiert les services pour un titre. Séduits par le résultat final qu’offre l’ajout d’effets samplés dans leurs compositions métal, Mouss, Erwan, Stéphane, Raphaël et Nico s’adjoignent les services de Pascal qui devient le DJ officiel du groupe, le petit détail qui manquait à Mass Hysteria pour définir un style personnel. L’arrivée, la même année de Yann, fraîchement débarqué de son groupe de death metal ajoute une petite touche de speed à un groupe qui n’en demandait pas tant, désormais prêt à conquérir le public.
Au taquet
Quelques dates en première partie de Korn permettent aux petits frenchies d’affiner leur répertoire avant l’enregistrement d’un premier album très remarqué, Le Bien-Être et la Paix. En dépit d’un titre qui collerait parfaitement à un CD de relaxation tantrique tibétain vendu chez Nature et Découverte, l’album se présente au contraire comme un vrai disque de metal industriel, aux sons lourds et rauques dignes de Ministry ou Nine Inch Nails, à ceci prêt que Mass Hysteria persiste à s’exprimer principalement en français. Enregistré sous les auspices d’André Gielen, le « monsieur industriel » français, Le Bien-Être et la Paix est l’une des révélations metal de l’année et, chose rare pour le premier disque d’un groupe parisien, obtient un succès confortable auprès du public anglo-saxon.
Hystérie massive
Après une tournée exténuante, Mass Hysteria retourne en studios pour l’enregistrement de Contraddiction, un deuxième album plus marqué par l’influence hip-hop, notamment au niveau du phrasé de Mouss qui se fait plus rapide et saccadé. Avec cette galette, Mass Hysteria devient réellement un groupe qui compte et on retrouve le groupe programmé aux Eurockéenes de Belfort ou encore au festival des Vieilles Charrues, en tête d’affiche la plupart du temps. Un son bien léché, des paroles recherchés où l’on retrouve parfois l’influence du rap français (sur le morceau « Finistère amer » notamment), mais aussi de la nouvelle chanson néo-réaliste : le système MH est bien rôdé et fonctionne à plein régime.
Pur Mass Hysteria
En revanche, le troisième album de Mass Hysteria reçoit un accueil beaucoup plus froid que les précédents. En effet, la collaboration du groupe avec les rappeurs de La Brigade laisse dubitatif une grande partie du public venu écouter le son du groupe et non pas du hip-hop. En outre, le flow de Mouss, qui par bien des aspects aurait davantage sa place sur une galette de hip-hop que sur un CD industriel est perçu comme un raccourci commercial afin de toucher un public peu habitué au metal. Pas convaincu, le public de Mass Hysteria boude globalement De Cercle en Cercle qui s’avère être un échec commercial en dépit d’une vraie qualité artistique.