Saltimbanque, en 1975, vient confirmer le succès de Mon Frère et Le Steak.
Régulièrement invité par les radios et les télévisions, Le Forestier accède à la notoriété et remplit le Palais des Congrès plusieurs soirs d’affilée en mars 1975. Une tournée en Union Soviétique le vaccine définitivement contre les applications pratiques du communisme et il revient en Occident avec quelques illusions en moins sur la nature du régime soviétique. La même année, L’Hymne à Sept Temps (avec le « Blues blanc pour un crayon noir ») fonctionne moins bien que ses précédents albums et ce relatif échec convainc l’artiste qu’une remise en question sur ses compositions s’impose. C’est ainsi qu’on le voit évoluer, les années suivantes, dans des registres plus doux, plus romantiques, plus désenchantés et surtout moins politisés et qu’à son habitude. Un an de réflexion en Amérique du nord le fait accoucher de N°5, un cinquième album partiellement enregistré au Québec qui lui fait regagner les faveurs du public en 1978. En 1979, Maxime Le Forestier Chante Brassens est le premier hommage de l’artiste à son mentor spirituel. Ce sera loin d’être le dernier.
Horrible décennie
Ayant abandonné ses idéaux de jeunesse en faveur d’engagements concrets, Maxime Le Forestier, au tournant des années 1980, met de côté les aspirations révolutionnaires qui animèrent les années 60 pour s’engager concrètement dans les œuvres de nature caritative. Donnant plusieurs concerts au profit des enfants du Tiers-Monde, le chanteur contribue à la médiatisation des problèmes de son temps. Les Rendez-Vous Manqués, en 1981 marque en douceur le passage d’une décennie à l’autre, mais sa productivité n’est pas bien grande pendant toutes les années 1980 et certains de ses choix artistiques laissent franchement dubitatifs. Car si Maxime Le Forestier, en 1983, tente de marcher sur les traces de Jean-Michel Jarre et de se lancer dans la musique électronique, à base de synthétiseurs et d’effets spéciaux sur scène, son public, lui, rejette massivement cette nouvelle orientation et boude en bloc Les Jours Heureux, qui paraît en 1984.
Plusieurs tournées internationales et acoustiques lui permettent de se ressourcer et d’oublier ses délires techno-futuristes pour revenir à ce qu’il sait faire de mieux : des chansons à textes accompagnées par quelques accords de guitare sèche. Mais même Aftershave (1986) ne séduit pas et une solide réputation de dinosaure passéiste commence à coller aux basques de Maxime Le Forestier, perçu comme un vieil écolo hippie un peu rance ne parvenant pas à rentrer en osmose avec le son de l’époque. Cette « décade horribilis » ne s’achève dans d’heureuses circonstances qu’en 1988 lorsque le chanteur, anticipant la vague de la world music qui s’annonce, sort le single « Né quelque part » (1987), puis « Ambalaba » (1988), adaptation française d’une chanson traditionnelle africaine. Grâce à ces titres de bourlingueur, qui ne sont pas sans rappeler le patrimoine musical d’un Bernard Lavilliers ou d’un Philippe Lavil (l’exotisme facile en moins), Le Forestier revient de l’enfer de l’oubli auquel ses précédentes productions l’avaient quelque peu condamné et peut à nouveau prétendre à exister dans le paysage musical français. L’album Né Quelque Part lui permet de terminer sur une note positive une décennie qui fut loin d’être rose pour sa carrière et sa crédibilité.
Chanteur dégagé
La Sagesse du Fou (1991) atteste la résurrection artistique de Maxime Le Forestier même s’il se contente surtout de fidéliser son public sans particulièrement chercher à le renouveler. Mais l’auteur, désormais, est de nouveau dans la course, reconnu par ses pairs, et peut se permettre de jouer les pères peinards et d’attendre trois ans pour revenir avec un album original, Passer Ma Route (1994), qui l'impose comme référence en matière de chanson française. Plusieurs duos avec les vedettes de l’époque contribuent à populariser les nouveaux titres du chanteur et à renouveler son public, même si, lors des concerts, on lui réclame encore et encore « San Francisco » et « Le Parachutiste ». En 1996 et 1998, Petits Bonheurs Posthumes et la série de quatre Cahiers sont deux nouveaux volumes de reprises de Brassens qui permettent à Maxime Le Forestier de chanter l’auteur de « Chansonnette pour celle qui restera pucelle » ou « Le petit cheval blanc », en dépit du profond contraste entre la réserve et la candeur naturelle du très sage et très gentil Maxime et les textes un peu gaulois, pour ne pas dire, franchement coquins, de Brassens.
Les dates ... 2002 Sortie de Plutôt Guitare 2000 Participation (première) aux Enfoirés 1998 (Avril) Sortie de deux volumes :Le Cahier 1996 Récompense : Victoire de la musique 1991 (09 Novembre) Sortie : Sagesse du Fou |