C’est dans la cité phocéenne que naît la future Melissa Mars, en 1981. Elle grandit sans père (elle ne le connaîtra que tardivement) et, enfant rêveuse et bonne élève, n’a « ni copains, ni copines ». Solitaire, elle développe un univers imaginaire onirique et personnel, et débute diverses activités : la danse, le solfège, ainsi que le piano, qu’elle commence à apprendre sur un mini-synthé d’une vingtaine de touches. A 9 ans, elle souhaite devenir actrice et débute des cours de théâtre à l’âge de 13 ans ; c’est en tant que comédienne qu’elle fait ses premiers pas sur scène. Deux ans plus tard, complexée par sa voix, elle prend des cours de chant.
Avec sa mère, la jeune fille « monte » à Paris à 16 ans, où elle obtient bientôt un bac S, avec mention Bien. Mais plutôt que se lancer dans des études qui s’annonçaient bien, elle préfère se consacrer à sa passion et persévérer pour faire carrière au cinéma. Mais le milieu est saturé et Melissa, qui court les castings, ne parvient à décrocher que de petits rôles. Elle ne se démonte pas cependant et multiplie les activités de toutes sortes (kung fu, initiation au montage de mini-films, écriture de scénarios et même parachutisme) et notamment musicales : ainsi, commence-t-elle l’harmonica et la guitare.
Les marches de la gloire
En novembre 1998, elle rencontre le réalisateur André Téchiné lors d’un dîner organisé par son agent. Et si cette soirée s’avère un tournant décisif pour la jeune femme, ce n’est pas dans le sens qu’elle supposait alors. C’est en fait le producteur et compositeur François Bernheim qui, se joignant à la table, lui propose, charmé par sa voix de femme-enfant, de chanter. Elle tente l’expérience et sa mère (Lilas Klif) lui écrit « Papa m’aime pas », une chanson personnelle en référence à l’abandon paternel, ainsi que la plupart des textes de ce qui sera son premier album.
Tout en décrochant quelques rôles çà et là, dans quelques films, elle enregistre Et Alors !, disque electro pop qui paraît en mars 2003. La chanteuse à la voix de Lolita – qui adopte le pseudonyme de Melissa Mars en hommage à sa ville natale et à son penchant « rêveuse venue d’une autre planète » – y dévoile un univers personnel et un personnage déjà bien campé de femme-enfant passablement fêlée sous ses dehors doux et ses appas de fausse ingénue (« Y’a une gosse emmitouflée à l’intérieur de ma froideur », susurre-t-elle dans « Chapitre Toi »). Déjà, le clip intrigant de « Papa m’aime pas » révèle une artiste maîtrisant son image et son personnage d’enfant blessée par l’absence (portant sur le cœur un grand pansement en forme de croix : « Je grandis avec un pansement sur le cœur mais plutôt que d’enfer une maladie… j’en fée une mélodie », commente-t-elle).
Peut-être comprise au premier degré, l’artiste est comparée à Alizée et la chanson comme l’album font un flop, ce dernier n’atteignant que la 104ème place du classement des ventes. Pourtant, tandis que la protégée de Mylène Farmer surjoue le personnage de Lolita, Melissa Mars se situe dans une démarche personnelle et moins légère et insouciante que sa musique ne laisse penser (« Le petit chat d’Agnès est mort – et alors ? », demande-t-elle dans la chanson-titre), dont les clips est lui-même assez inventif).
Une fée du show-business méconnue du public
Si le grand public semble la bouder, la chanteuse séduit en revanche Lara Fabian, qui l’invite pour un duo, « Les Homéricains », lequel figure sur l’album 9, qui paraît en mars 2005. C’est ce même mois que sort le deuxième album de Melissa Mars, intitulé La Reine des Abeilles, pour lequel elle s’est adjoint le compositeur Franck Langolff (Florent Pagny, Alain Souchon…), lequel l’incite à s’impliquer dans l’écriture, la composition, les arrangements ; elle est d’ailleurs créditée sur quatre titres. Le disque poursuit l’exploration de thématiques personnelles, dont celle de l’enfance blessée, continuant de développer un monde visuel recherché – ce en quoi la jeune chanteuse se rapproche d’une Emilie Simon, autre figure française de l’electro pop/rock arty à la voix de femme-enfant.
De mars à septembre, elle ne donne que sept concerts, dont cinq à l’étranger (Montréal, New York). En France, le public ne suit toujours pas, mais Melissa Mars fait son bonhomme de chemin. Elle se produit même en première partie de Louis Bertignac sur quatre dates de sa tournée, en novembre 2005.
En janvier 2006, La Reine des Abeilles est réédité, sous une nouvelle pochette, agrémenté d’un remix de « And I Hate You », d’un duo inédit avec le groupe Irmavep (« Chaperon Rouge ») et une nouvelle version d’« Apocalips ». Cette dernière est d’ailleurs envoyée aux médias comme nouveau single.