Auteur-compositeur-interprète dans la tradition française des artistes complets à forte personnalité, Michel Sardou s’est imposé depuis les années 1970 comme l’un des chanteurs de variété les plus marquants du paysage musical de l’Hexagone. Artiste d’évasion, mais également commentateur de faits de société, Michel Sardou a su combiner un côté « performer à grande gueule » avec une authentique aura de vedette populaire.
Michel Sardou voit le jour à Paris, le 26 janvier 1947. Fils de Fernand Sardou (chanteur et comédien) et de la comédienne Jackie Sardou, il est également le petit-fils de Valentin Sardou, acteur comique de music-hall. Il passe une bonne partie de son enfance à suivre ses parents en tournée et dans le quartier Pigalle à Paris. A la suite d'une fugue qui tourne mal, son père lui impose de faire « sérieusement » le saltimbanque en prenant dans son cabaret un poste de serveur-artiste (il exécute des numéros d'imitation de Johnny Hallyday et des sketches de son père). Il se produit ensuite dans les cabarets de la Butte Montmartre (Le Tire-Bouchon, Chez Patachou).
Rose d'or
En 1965, Michel Sardou, qui vient de se marier, cherche sa voie. Il prend des cours de théâtre, court le cachet et s’oriente progressivement vers un style de variété à texte, doublé d'un personnage de scène « macho ». Une audition chez Barclay fin 1965 lui permet de décrocher un contrat d’enregistrement. Avec son ami Michel Fugain – rencontré dans le cadre de ses leçons de comédie - il écrit ses premières chansons : « Les Arlequins » et « Le Madras ». Les débuts de carrière de Michel Sardou, qui rencontre dans le même temps son compositeur attitré Jacques Revaux, sont quelque peu laborieux, et sont de surcroît interrompus par l’appel des drapeaux. En 1966, il est sélectionné pour participer au concours de La Rose d’Or d’Antibes avec la chanson « Le Visage de l’année », mais le public lui préfère Michel Polnareff.
Les Ricains
C’est en 1967 que sa carrière prend son envol avec « Les Ricains ». Michel Sardou signe un titre résolument pro-américain visant à rappeler à la France sa dette envers les Etats-Unis. Les autorités françaises « déconseillent » aux radios de diffuser le titre, mais cette censure lui permet de se faire remarquer. Michel Sardou a jeté les bases de son style musical : voix forte, métallique et posée, textes clairs et parfois engagés, voire iconoclastes. Mais les 45 tours suivants ne remportent qu’un succès mitigé. En 1969, c’est le divorce entre Eddy Barclay et Michel Sardou, qui lance son propre label Tréma avec Jacques Revaux et Régis Talar. En février 1970, Michel Sardou assure la première partie d’Enrico Macias à l’Olympia. Bruno Coquatrix, conquis, lui propose un passage en vedette à part entière.
Les bals populaires
Michel Sardou accède enfin au succès avec son premier album J’habite en France. « Les Bals populaires » le propulse en tête des hit-parades, lui vaut un Grand Prix de la Sacem, et son premier disque d’or ; s’ensuit le titre « J’habite en France ». Il s'affirme dans un style de « contestataire de droite », sympathiquement râleur, et accède enfin au statut de véritable vedette populaire. L’année 1971 est riche avec le succès « Le Rire du sergent » et un Olympia en novembre. Mais c'est aussi l’année des premières polémiques : l’image d’un jeune chanteur chevelu interprétant des textes perçus comme conservateurs voire réactionnaires en irrite plus d'un. Des féministes voient dans la chanson « Les Villes de solitude » une apologie du sexisme et « J’habite en France » est perçu comme un manifeste nationaliste. Suivent alors « Je veux l’épouser ce soir », « La Fille aux yeux clairs », « Requin chagrin » (en duo avec Mireille Darc) et l’énorme succès de « La Maladie d’amour ».
Le France
En novembre 1975 sort l’une des chansons emblématiques de Michel Sardou, « Le France », où l’artiste semble reprocher l’abandon par le gouvernement de l’immense paquebot, emblématique du prestige national. C’est un immense triomphe pour Michel Sardou, dont le simple se vend à plus d’un million d’exemplaires.