À part
Bernard Lavilliers, Saint-Etienne n’est guère connue pour sa production de chanteurs ou d’artistes musiciens rencontrant une célébrité nationale. Evoluant tout d’abord sous le patronyme de 3Dk, le groupe s’articule autour du pivot central que constitue le guitariste et compositeur Mickaël Furnon. Amateur de rock, biberonné à la new wave de
The Cure, attiré par les expériences punk, ce dernier, tout en restant fidèle à sa formation, n’en tente pas moins parallèlement des expériences solos qui se traduisent par l’enregistrement de démos solo qui lui permettent de sortir du strict cadre de 3Dk, laissant, par exemple, davantage de place aux synthétiseurs ou aux instruments électroniques.
C’est sous l’appellation de
Mickey 3D que Mickaël Furnon – dont Mickey est d’ores et déjà le surnom – labellise ses compositions personnelles. En 1997, le batteur du groupe stéphanois NopoJam, auquel Furnon collabore également par ailleurs, rejoint ce dernier pour l’assister dans son travail, mettant ses compétences de bassiste et de batteur au service de l’enregistrement d’une troisième démo.
Un premier label local accepte de signer quelques morceaux puisés dans les trois galettes du duo et produit ainsi ce qui constitue le premier album de
Mickey 3D,
Mistigri Torture, en 1999. Plutôt humoristique, réalisé avec des moyens modestes et du matériel de récupe, il laisse présager le potentiel de la formation même si le son de l’album s’avère perfectible à l’écoute.
Désormais lancé officiellement,
Mickey 3D peine cependant à élargir son public au-delà de la région de Saint-Etienne et aurait été condamné à ne rester au mieux qu’un groupe disposant d’une audience régionale si, en 2000, le duo n’avait tapé dans l’œil de l’une des formations rock les plus en vue :
Louise Attaque. La bande à Gaëtan Roussel est séduite par les paroles et l’énergie de ces petits jeunots et leur propose d’assurer leur première partie.
Profitant de l’audience drainée par
Louise Attaque,
Mickey 3D peut désormais se produire devant des parterres nombreux, qui deviennent autant de fans potentiels. Une réalité dont la maison de disques Virgin prend très vite conscience, d’autant que Mickaël Furnon et son groupe (auquel s’adjoint le bassiste Grégory Romestein pour les besoins de leurs prestations scéniques) dégagent une sympathie et un magnétisme réels de dandy de la scène, auxquels le public est sensible.
Mickey maousseProfitant de l’audience drainée par
Louise Attaque,
Mickey 3D peut désormais se produire devant des parterres nombreux, qui deviennent autant de fans potentiels. Une réalité dont la maison de disques Virgin prend très vite conscience, d’autant que Mickaël Furnon et son groupe (auquel s’adjoint le bassiste Grégory Romestein pour les besoins de leurs prestations scéniques) dégagent une sympathie et un magnétisme réels de dandy de la scène, auxquels le public est sensible.
En 2000, la maison de disques ressort
Mistigri Torture, assorti de nouvelles compositions, ainsi qu’un single censé prévendre l’album : «
La France a peur ». Moins « fun » que la première mouture, ce
Mistigri Torture seconde version se dote de titres plus noirs et inspirés de l’actualité sociale. Si le son de
Mickey 3D évoque autant Noir Désir que
Miossec, le groupe propose des textes percutants, pertinents et particulièrement bien écrits, Furnon faisant preuve d’un véritable talent d’écrivain. Une première tournée nationale confirme le succès de
Mickey 3D qui, dans la foulée compose et enregistre un deuxième album en s’adjoignant les services d’une organiste et accordéoniste : Najah El-Mahmoud.
La Trève, sorti l’année suivante fait de
Mickey 3D l’une des formations rock majeures du paysage musical français des années 2000 et de Mickaël Furnon l’un des compositeurs et écrivains de chansons les plus recherchés de la place de Paris, l’égal d’un Bénabar ou
Benjamin Biolay. Nicolas Sirkis, qui cherche à renouer avec l’ancien succès d’
Indochine choisit de faire appel à lui pour l’écriture du morceau-phare de l’album
Paradize, opus de la résurrection pour le groupe new-wave le plus emblématique de la scène française.
« J’ai demandé à la Lune » devient immédiatement l’un des cartons des ventes de single.
Gérard Darmon,
Dick Rivers,
Jane Birkin ou encore Hubert-Félix Thiéfaine font également appel à sa plume.