Le trublion Mocky sait faire plaisir aux autres et avant tout à lui-même.
Jamie Lidell,
Feist,
Gonzales, Taylor Savvy, comptent parmi ses proches amis et collaborent une nouvelle fois à un album du canadien, qui prend une nouvelle direction dans une carrière déjà marquée par l'éclectisme.
Réalisé à Paris aux Studios Ferber (où
Nina Simone et
Serge Gainsbourg ont certainement laissé quelques vibrations), co-réalisé avec
Renaud Letang (Manu Chao,
Gonzales, Souchon...)
Saskamodie se veut être un album « rétro-futuriste » d'après son auteur.
D'un coté il prône un retour aux sources du jazz et des orchestrations léchées, premières amours cet auteur compositeur, multi-instrumentiste canadien, et de l'autre, il dépoussière le genre en le rendant plus facile d'accès, plus pop et oui, il faut l'avouer, plus enfantin (
« Little Journey »).
Cela tombe bien, c'est aussi ce qu'en dit
Gonzales qui prête pour l'occasion son piano, et son oreille critique : « Mocky est revenu vers un jazz originel, comme au temps où il s'agissait de faire des chansons simples, de divertir avec des mélodies populaires » (extrait du documentaire
Mockumantary). En guise de divertissement on pourra siffler sur
« Birds Of A Feather », claquer des doigts sur
« Golden Dream » et même, alors qu'il nous avait habitué à un chant inspiré du hip-hop, on pourra cette fois-ci se prélasser au son de la voix de Mocky, (
« Somehow Someway »), dont seul le talent sans borne pourrait éventuellement agacer ici.
Lent et langoureux, agréable comme une sieste luxuriante au soleil,
Saskamodie est un album d'ambiance jazz plus que de réel jazz, il agacera certains, détendra tous les autres. On ne pourra leur en vouloir : il n'y a aucun mal à adopter une « cool (jazz) attitude » de temps en temps.
Anne Yven