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par Benjamin D'Alguerre

Être roadie relève davantage du sacerdoce que de la simple activité professionnelle. Ian Fraiser Kilmister, fils de pasteur anglican bon teint le découvre très jeune, lui le fan absolu des Beatles qui, cependant, pense qu’il « manque » quelque chose aux sonorités des quatre Scarabées dans le vent pour être parfaitement en accord avec l’esprit du rock'n'roll.

Bassiste dans une infinité de groupes sans lendemain (The Saphires, The DeeJays, The Rainmakers...), Ian, qui se fait déjà surnommer « Lemmy » (un sobriquet qui lui vient de l'expression « lemme a fiver » – soit « file-moi un bifton » – qu'il utilisait alors qu'il était dans la dèche), gagne ses premiers salaires en devenant le roadie d’artistes comme Jimi Hendrix entre deux répétitions dans les caves aux côtés de The Rockin' Vicards, groupe dont il devient guitariste en 1965, jusqu'à sa dissolution en 1967.

En 1972, il intègre Hawkwind, groupe de rock psychédélique très marqué par la science-fiction, qui adapte dans ses textes l’univers de l’écrivain britannique Michael Moorcock (lequel vient d’ailleurs régulièrement les accompagner sur scène pour les besoins de « Black Blade », un morceau tiré de sa propre saga Elric le Nécromancien). Mais Lemmy a pris quelques sales habitudes et notamment celle de consommer du LSD et des amphétamines en dose industrielle, ce qui l’amène bientôt au clash avec les autres membres de Hawkwind qu’il quitte en 1975... emportant avec lui une partie de leur matériel de scène au passage, capital de départ lui permettant de monter sa propre formation en compagnie de Larry Wallis à la guitare et de Lucas Fox à la batterie : Motörhead est né après un accouchement dans la douleur.

Unglorious bastards

À l’instar de nombreux groupes de heavy metal, Motörhead connaît quelques années de rude galère à ses débuts et le groupe vole de concerts devant des salles aux trois quarts vides en bastons avec des spectateurs trop alcoolisés... lorsque ce ne sont carrément pas les membres de Motörhead qui sont eux-mêmes trop défoncés pour jouer correctement. Les débuts de la formation sont placés les auspices du célèbre triptyque « sex, drug and rock'n'roll » et Motörhead n’enregistre qu’un seul disque en 1975, lequel met quatre ans avant de sortir.

Cependant, l’attitude de bad boy de Lemmy et de sa bande (en évolution constante : Phil « Philthy Animal » Taylor venant remplacer Lucas Fox et « Fast Eddie » Clarke étant recruté comme second guitariste) leur valent d’être qualifiés de « plus mauvais groupe de l’année 1977 » par un magazine spécialisé, ce qui, ironiquement, contribue énormément à susciter l’intérêt du public. Un peu à la manière d’un Ed Wood dont le cinéma ne fut popularisé qu’après avoir été traité de « plus mauvais réalisateur du monde » par la critique, Motörhead décolle grâce à cette popularité ironique, même si Wallis quitte l’aventure au passage, faisant du quatuor un nouveau trio.

Motörhead, enregistré en 1977, est leur premier album. S’il reste très limité artistiquement (du « gros son » sur lequel Lemmy pose sa voix éraillée, puissante et rogomme), le style Motörhead est déjà posé et quelques titres issus de l’album (« Leaving Kids », « Motörhead », « The Train Kept A-Rollin' ») s’écoulent correctement auprès des fans de hard rock. Moins orienté « fantasy » que beaucoup de groupes de l’époque, Motörhead, plus brut et plus sauvage, tant dans son apparence que dans ses compositions, se rapproche davantage du style punk et touche également cette audience, globalement hostile au hard rock en temps normal (trop de glam, trop de poudre aux yeux).

C'est ensuite Overkill qui paraît en 1979 et permet au groupe de se faire une place sous le soleil du hard rock, car l’album est un tel succès qu’il permet à la maison de disques du groupe de sortir les tout premiers enregistrements de Motörhead dans la foulée sous le titre de On Parole. Bomber, en 1980 place Motörhead au pinacle des plus gros vendeurs de disques dans la catégorie hard rock et Lemmy y affine sa technique qui consiste à jouer de la basse comme s’il s’agissait d’une guitare donnant au final un son très « lourd » aux morceaux de Motörhead, groupe par ailleurs connu pour le volume assourdissant de ses performances live.

Ace of Spades, puis l'immense classique metal, le live No Sleep 'Til Hammersmith mettent la bande à Kilmister au même plan de notoriété que Black Sabbath ou Iron Maiden et le groupe devient une référence incontournable du genre. Cependant, l’entente entre les membres est bancale car Lemmy, particulièrement lorsqu’il est sous l’emprise de la drogue ou la boisson, s’avère difficile à vivre et peut même se montrer violent envers ses partenaires.

Les dates ...

2004 (22 Juin)
Sortie de Inferno
2003 (Juillet)
Début d'une tournée américaine avec Iron Maiden
2000 (22 Octobre)
Concert des 25 ans de Motörhead
1995
Départ de Mick « Würzel » Burston
1993 (29 Novembre)
Sortie de Bastards

Vidéo

Lost Johnny
Motörhead

En Concert

Le 31/07/2010
à Saint Julien En Genevois

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