histoire tecktonik, biographie tecktonik

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Histoire du genre Tecktonik

Qu’elle soit tenue pour ridicule ou pour novatrice, la danse « tecktonik » est par maints aspects caractéristique des années 2000. Introduit en France par le biais de deux hommes ingénieux, le mouvement se diffuse largement par le biais de l’internet, surfant sur la vague rétro années 80 tout en générant ses propres codes et références.   Projet marketing intelligemment pensé, la « tecktonik », c’est tout d’abord un look et une danse. Et c’est au Métropolis, club réputé d’Île-de-France situé à Rungis, que le mouvement démarre, en 2002. Important de Belgique des sonorités électroniques (notamment le hardstyle, fusion d’euro-dance, de hard trance et de gabba) et la danse qui l’accompagne (le « jump »), Alexandre Barouzdin et Cyril Blanc organisent des soirées dont le succès s’amplifie : les soirées « Tecktonik Killer » (d’où le mouvement tire son nom) attirent jusqu’à 8000 personnes.   Avec l’aide de designers et de commerciaux, le duo invente la tendance à laquelle va adhérer toute une partie des adolescents et jeunes adultes des années 2000, sans distinction de milieu social ou de sexe. Alors que les années 80 reviennent à la mode, ils composent un style en s’emparant d’éléments distinctifs de cette période (coupe « mulet », vêtements moulants et flashy…), qu’ils adaptent. Quant à la danse, dérivée du « jump-style » venue de Belgique, elle intègre des influences principalement issues du break-dance, voire, plus occasionnellement, des mouvements rappelant Michael Jackson et son moonwalk. Rythmique et serpentine, très énergique et répétitive surtout, elle peut frapper par son animale élégance (quand elle est maîtrisée) ou par son grotesque disgracieux (quand elle ne l’est pas). Peu à peu le look et la danse s’affirment et se codifient, relayés par le biais d’internet (Dailymotion, YouTube, blogs, etc.) et bientôt relayé dans la rue, à Paris puis en province.   Le temps passant et le succès grandissant, le duo Barouzdin/Blanc, qui a breveté le terme (« Tecktonik » est, en effet, une marque déposée), touche les dividendes en diversifiant les sources de profit. Outre les soirées, le potentiel lucratif de la tecktonik est en effet exploité dans la création vestimentaire (T-shirts, casquettes, etc.), l’édition de compilations (chez EMI – même si la tecktonik n’est, initialement, pas rattachée à un genre musical particulier, car pouvant s’adapter à – presque – n’importe quelle musique) ou la boisson énergisante (Tecktonik Killer).   Caractéristique des années 2000, la « culture » tecktonik est détachée de tout discours politique ou social et de tout milieu social, contrairement à la culture hip-hop ou à celle des clubs et rave-parties dans les thatchériennes années 80. Danse individuelle de performance (à l’image des « battles », littéralement « batailles » de danse entre des participants, à l’image de celles existant dans le rap et dans les danses hip-hop), la « tecktonik » apparaît comme le reflet d’une époque qui a vu s’étrécir le débat politique autour du consensus libéral et s’amoindrir les mouvements de solidarités collectives (recul continu du taux de syndication depuis les années 80, abstention électorale)…

  Malek Joufraoui

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