Il ne s'agit pas de discuter ici les effets pervers que peuvent avoir les émissions de télé-crochet sur les candidats brutalement mis sous la lumière des projecteurs : chanteurs et chanteuses renvoyés à l'anonymat après trois tours de piste et des rêves de gloire, carrières avortées car lancées sans préparation, etc. A tout exemple son contre-exemple, comme le prouvent Jenifer et, dans une mesure moindre mais néanmoins indiscutable, Nolwenn Leroy, respectivement gagnantes des première et seconde éditions de la Star Academy.
C'est le 28 septembre 1982 que voit le jour, à Saint-Renan (Finistère) que voit le jour Nolwenn Le Magueresse, qui n'est pas encore Leroy. Fille de Jean-Luc Le Magueresse, footballeur du Stade Brestois, Nolwenn suit sa famille au gré des pérégrinations professionnelles de son père à travers l'Hexagone. En 1993, Jean-Luc Le Magueresse quitte le foyer : Nolwenn et sa mère vivent un temps à Saint-Yorre, dans des conditions difficiles, l'ex-footballeur ne daignant pas soutenir financièrement sa famille. En grandissant, la jeune fille trouve un intérêt particulier à la musique, commençant par prendre des leçons de violon.
En 1998, Nolwenn est choisie par le Rotary Club de Vichy pour suivre un an d'études aux Etats-Unis, où elle passe l'équivalent du Bac : là-bas, elle est fortement marquée par une visite à la Performing Arts School de Cincinnati, qui éveille en elle un intérêt pour le chant. Mais l'adolescente ne rêve pas encore de sunlights et se voit plutôt étudier le droit, avec comme idéal un engagement dans l'humanitaire.
Télé-révélation
Saint Paul avait été frappé par la grâce sur le chemin de Damas : pour Nolwenn, la révélation passe plutôt par les ondes hertziennes. C'est en 2001 que la jeune femme découvre sur TF1 l'émission de télé-realité musicale Star Academy : elle est particulièrement frappée par la personnalité d'Armande Altaï, professeur de chant et, finalement convaincue de sa vocation artistique, décide de suivre ses cours à Paris. Travaillant le week-end comme caissière à Saint-Yorre, Nolwenn suit durant la semaine les cours d'Armande Altaï à Paris. Convaincue du talent de son élève, l'enseignante l'encourage à se présenter à des castings : en 2002, Nolwenn se présente aux auditions de la seconde édition de Star Academy et de la comédie musicale Autant en emporte le vent (pour le rôle de Scarlett), pour être finalement prise aux deux. Plutôt que de tenir sur scène le rôle de Scarlett O'Hara, Nolwenn choisit de se risquer au concours télévisuel.
Très médiatisée, davantage même que l'édition précédente, et riche en vraies personnalités musicales, l'émission propulse un grand nombre de candidats sur le devant de la scène. Le magazine VSD prend par exemple fait et cause pour Emma Daumas en titrant hardiment en une « Pourquoi Emma va gagner ». Mais Nolwenn - alors connue du public, comme tous les candidats, de son seul prénom- s'impose peu à peu comme l'un des principaux talents de l'émission, les médias montant en épingle sa « rivalité » avec Emma Daumas, l'autre « vedette » du jeu. Un suspense est organisé quand Nolwenn, qui apparaît progressivement comme favorite, est nominée pour l'élimination en même temps que Jérémy Chatelain et Anne-Laure Sibon, pour en sortir finalement grande gagnante. La grande avance de Nolwenn en terme de popularité étant établie, c'est sans réelle surprise qu'elle bat largement Emma Daumas en demi-finale avant de remporter la finale face à Houcine.
Après une montée en puissance savamment organisée, le lancement médiatique de Nolwenn, dont la belle voix profonde a su convaincre le public, est largement réussi. Quelques polémiques naissent bien sur son statut de privilégiée, voire de « pistonnée », en qualité d'ancienne élève d'Armande Altaï voire -selon certaines rumeurs médiatiques rapidement démenties par tous les intéressés- de maîtresse de Matthieu Gonet, répétiteur de l'émission : sans pour autant compromettre sa cote d'amour auprès du public. Une chanteuse bretonne se produisant déjà sous le nom de Nolwen (avec un seul N), la gagnante de la Star'Ac prend comme patronyme scénique le nom de jeune fille de sa mère, pour se faire appeler Nolwenn Leroy.
Pas cassée
Au début 2003, Nolwenn rentre en studio pour enregistrer son premier album. Des pointures du monde du spectacle se sont mis à l'ouvrage pour fournir à la perle le plus bel écrin possible : Pascal Obispo se charge de la réalisation du disque, tandis que des auteurs comme Lionel Florence, Lara Fabian, Daniel Lavoie ou Laurent Voulzy planchent sur les textes.