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Biographie de Nusrat Fateh Ali Khan

par

« La première fois que j’ai entendue la musique de Nusrat Fateh Ali Khan, c’était à Harlem, en 1990. J’ai senti une poussée d’adrénaline dans ma poitrine, comme si je me trouvais au bord d’une falaise », Jeff Buckley.

Un peu de musicologie...

Le qawwalî n’est pas un style musical en propre, mais bien – et avant tout – l’expression musicale et globale de l’islamisme soufi (tradition sage et contemplative de cette religion, construite à la fois sur l’ascèse et la recherche extatique). Développée en Inde il y a plus de 700 ans, cette foi d’ouverture sur le monde, de compréhension et de tolérance, ne fuit pas les plaisirs profanes, bien au contraire. Ainsi, elle s’appuie sur la nécessité de la pratique de l’amour physique comme révélateur d’une communication divine, ainsi que sur le discernement et l’intelligence des fidèles (les rites étant ainsi considérés comme accessoires si on n’en comprend pas le sens). Et, par conséquent, la musique qui la sous-tend peut être, suivant les circonstances, totalement liturgique (louant Dieu) ou totalement profane (célébrant les plaisirs de la chair ou de la table, avec des poèmes particulièrement explicites quant aux joies dispensées par le vin… ou les femmes).

Les ensembles de musique qawwalî répondent à des canons très stricts : cinq choristes (marquant en outre la mesure de la paume des mains), un joueur de tablas (double tambour aux fûts de tailles différentes, tendu d’une seule membrane et généralement en bois et depuis des siècles emblématique de la musique de l’Inde du nord), un joueur de dholak (tambour à deux peaux, posé au sol en position couchée, dont le frottement par la paume de l’une des mains produit le son le plus caractéristique de la musique indienne), le tout rassemblé autour de deux chanteurs principaux, s’accompagnant à l’harmonium (instrument chrétien adapté depuis deux siècles à la réalité indienne – on est assis à terre – c’est-à-dire dépourvu de pédales, mais doté d’un soufflet actionné d’une main).

Les pièces musicales, d’une durée pouvant aller jusqu’à vingt minutes, sont – elles aussi – conçues dans un schéma traditionnel assez strict, de l’introduction à l’harmonium jusqu’à l’entrée des percussions et choristes, en passant par l’exposé proprement dit du poème, dévolu au chanteur vedette. Mais ces oeuvres peuvent également inclure une part non négligeable d’improvisation, durant lesquelles s’affrontent, si l’on peut dire, les deux solistes et les chœurs : c’est cette partie de la composition qui est utilisée par les maîtres du qawwalî, faisant assaut de technicité pour asseoir leur virtuosité, à grands renforts de vocalises savantes. Ce principe d’un schéma en questions/réponses prend alors tous les aspects d’une joute vocale.

Un peu d'enfance...

C’est dans ce contexte musical, philosophique et religieux qu’est né Nusrat Fateh Ali Khan, le 13 octobre 1948, à Lyallpur (aujourd’hui dénommée Faisalabad), dans la province pakistanaise du Pendjab. Il a quatre sœurs, et un frère (Farrukh Fateh Ali Khan) et ce petit monde grandit dans un appartement modeste en location. Sa famille de musiciens – vieille d’une tradition de près de 700 ans – d’origine indienne s’est installée, un an avant sa naissance, dans l’état récemment créé du Pakistan (en 1947, à l’issue de la partition du Kashmir avec l’Inde). Le père de Nusrat, musicologue, musicien et chanteur renommé, mais patriarche distant, se consacrant exclusivement à la musique, ne croit pas aux capacités de vocaliste de son fils et le destine à une carrière de médecin ou d’ingénieur. Il considère surtout que devenir musicien ne garantira à l’enfant ni statut social ni aisance financière. Mais l’enfant, nimbé d’une intense atmosphère musicale dès ses premières années, ne peut échapper à son destin. Il se glisse ainsi subrepticement dans les couloirs de la maison pour assister en élève clandestin aux cours dispensés par son père.

Comme il l’assènera dans toutes ses rencontres avec la presse, cette vocation naît en conséquence d’un rêve où Allah l’appelle à pareil destin. De plus, la légende assure que son géniteur, surprenant l’enfant penché sur un harmonium, décide bon gré mal gré de débuter son apprentissage de la musique. Le père apprend donc au fils à jouer des tablas et l’entraîne même sur scène à ses côtés. Nusrat suit ensuite des cours de chant classique, mais sa formation didactique est brutalement interrompue.

Nusrat n’est en effet âgé que de 16 ans à la disparition de son père, en 1964. La suite de son éducation musicale est alors assurée par son oncle. Paradoxalement, cette disparition servira de déclencheur à sa carrière, transformant l’adolescent en maître de la maisonnée, et garant de la tradition qawwalî. Symboliquement, la première prestation publique du jeune chanteur se fait, selon le rituel, quarante jours après la disparition de son père, à l’occasion d’une cérémonie funéraire en l’honneur de ce dernier.

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Les dates ...

1997 (16 Aout)
Décès de Nusrat Fateh Ali Khan
1995
Duo de Nusrat Fateh Ali Khan et Eddie Vedder

Vidéo

Nusrat Fateh Ali Khan - clip vidéo Shamas-ud-doha, Badar-ud-doja

Shamas-ud-doha, Bada ...
Nusrat Fateh Ali Khan