Le beau retour d’un ensemble qui, né dans les années soixante-dix, s’était mis en sommeil, pour renaître de ses cendres (
un baobab ne meurt jamais) sur la scène internationale en 2000…
Tout ici est clair (le chant), franchement rock and roll (les guitares, parfois même enluminées d’une pédale wah-wah), redoutablement mis en place (la section de cuivres), et totalement joyeux (l’ensemble de la musique). Le plus fameux des ensembles dakarois actuels renouvelle son catalogue de musiques à danser (et revisite quelques-uns de ses propres classiques), vivement inspirées, à la fois des plus profondes racines africaines (les harmonies de la Casamance, le chant leader inspiré de la tradition wolof, les harmonies sud-sahariennes), à la fois d’emprunts évidents à l’Amérique latine, et plus spécifiquement à la salsa, et autres rythmes cubains, mais également au jazz, et à la soul.
Youssou N’Dour vient en petit frère devenu grand, dans
« Nijaay », nous expliquer les vicissitudes et satisfactions du mariage sur le long terme, et les autres thèmes déclinent avec talent la rudesse des musiques des débuts du groupe, et le caractère policé d’arrangements plus contemporains. Un album idéal pour danser, et sourire simultanément.
Christian Larrède