perdu d'avance, critique perdu d'avance, album orelsanPerdu d'Avance Perdu d'Avance de OrelSan critique de l'album. Ecoute 30 secondes, achat et téléchargement MP3.
Il ne se passait plus rien dans le rap français depuis belle lurette, l’affaire étant lâchée depuis un moment par les majors, et laissée aux indépendants du rap de rue infusé dans les clichés usés. Mais voilà que le buzz enfle autour d’un jeune (pas si jeune) normand, blanc, dont la verve inédite apporte de l’air dans un milieu autarcique. Du coup, les médias s’affolent, les comparaisons pleuvent : Eminem, of course, il est blanc, ou encore Mike Skinner de The Streets, pendant anglais d’un rap social observant avec acidité et acuité son environnement.
L’album arrive donc à point pour vérifier si l’artiste peut dépasser le stade do it yourself de la hype internet. Le son est à la hauteur, puisque fourni par un autre Normand, Skread, qu’on a abondamment repéré derrière Booba, Rohff, Sinik ou Diam’s. Le flow est un peu mince, finalement très blanc, mais il est indéniable que l’homme a du répondant dans le domaine de l’écriture. C’est là la vraie force d’Orelsan, il rappe la classe moyenne (parents dans l’éducation nationale), qui en 2009 n’a guère plus d’ambition et d’avenir que les jeunes des quartiers. Dans cette oeuvre balbutiante, l’univers délimité de ses semblables s’énonce entre MSN, Skyrock, le porno, le Net, le foot et la Playstation. « Les vieux comprennent pas c’qui s’passe dans la tête des jeunes… », ce n’est pas nouveau, mais Orelsan donne une brillante démonstration de cette théorie, avec une richesse verbale inédite. Il est diplômé (bac, école de management), il a du vocabulaire et des références, il pratique la punch line en première division, et à travers son album au titre explicite, il est la voix d’une génération perdue d’avance, sans espoirs, sans rêves, persuadée que sa vie sera moins facile que celle de ses parents. Le foot (à la télé), le sexe (en deux clics), la musique (en sonnerie de mobile) et le joy stick, voilà le territoire tragique et quotidien qu’arpente l’Alençonnais en rimes et en beats, braquant le projecteur de son inspiration sur les No Life qui sont ses contemporains. Sa démonstration est réussie, et en dit plus sur la réalité que les rapports ministériels ou les essais sociologiques. On espère juste que ce ne soit pas un coup d’épée à la surface de l’eau figée, et qu’il sache poursuivre et réussir une vraie carrière, à l’instar de ceux à qui on l’a hâtivement comparé. Jean-Eric Perrin Ecoute extraits Perdu d'Avance Téléchargement Perdu d'Avance
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Les dates ... 2009 (27 Mars) Affaire OrelSan 2009 (16 Février) Sortie prévue de Perdu d'Avance 2008 (17 Décembre) Concert à La Boule Noire 2008 Succès de ses vidéos sur MySpace ![]() Posts ... Contribuez à la rédaction de Les goldens posts Votre apport sélectionné et publié sur Music Story.
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