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par Nikita Malliarakis

 Oum Kalsoum revient sur les scènes et sur les ondes, sa popularité intacte et encore renforcée par le soutien de Nasser, qui devient président en 1954. Le nouveau « Raïs » utilise très adroitement la popularité de la chanteuse, qui donne chaque mois un concert en direct à la radio égyptienne : bénéficiant d’un très fort taux d’écoute dans les foyers égyptiens (jusqu’à vider, dit-on, les rues du Caire !), les récitals radiophoniques d’Oum Kalsoum sont généralement suivis… d’un discours de Nasser, ou d’un autre message gouvernemental, qui s’assurent ainsi d’être entendus par le plus grand nombre possible d’auditeurs. De son côté, Oum Kalsoum, qui chante régulièrement pour des causes caritatives, contribuent également à ramener des fonds pour l’armée égyptienne. En 1955, pour couper court aux rumeurs sur sa vie privée, elle épouse un médecin, Hassen El Hafnaoui, incluant dans leur contrat de mariage une clause lui permettant de décider elle-même de divorcer le cas échéant. Surnommée « El Sett » (la Dame), Oum Kalsoum jouit d’une aura rarement égalée auprès du public égyptien, qui la considère à l’égal d’un monument national. La voix exceptionnelle de la chanteuse (14000 vibrations par seconde, selon des sources autorisées) lui vaut l’admiration de Maria Callas et un statut de véritable phénomène musical : sur un registre à la fois romantique et religieux, Oum Kalsoum allie le succès populaire au respect dû aux vraies institutions culturelles. La renommée de la chanteuse vient également de sa grande générosité : ne reniant pas ses origines populaires, Oum Kalsoum se montre très prodigue, aidant financièrement de nombreuses familles paysannes pauvres.

Déclin, souffrances et morts

Au cours des années 1960,  Oum Kalsoum continue ses récitals, assumant sans complexe son rôle politique, qui lui vaut d’être régulièrement mise en avant par le pouvoir comme symbole de l’unité nationale égyptienne. En 1967, après la désastreuse défaite subie par l’Egypte lors de la Guerre des Six-Jours, elle donne une série de concerts dont elle reverse les bénéfices à l’état égyptien. Oum Kalsoum se produit sur les scènes du monde entier, dans le monde arabophone, mais aussi en Occident : en novembre 1967, elle donne un concert parisien à l’Olympia, et se voit adresser pour l’occasion un message de félicitations de la part du Général de Gaulle, qui adresse là un clin d’œil diplomatique dans le ton de sa politique arabe. Mais, la soixantaine venue, la santé d’Oum Kalsoum commence à décliner : déjà contrainte par l’âge à modérer la durée de ses prestations sur scène, la chanteuse souffre de fréquentes crises néphrétiques. En 1973, elle doit se résoudre à cesser de se produire sur scène. Des examens médicaux, à Londres, lui révèlent que son état est désespéré. Son mari l’emmène se faire soigner aux Etats-Unis mais, après une période de rémission, Oum Kalsoum doit à nouveau être hospitalisée après son retour en Egypte. Le 3 février 1975, le « Rossignol d’Egypte » s’éteint ; elle a droit à des funérailles nationales, une immense foule d’environ cinq millions de personnes l’accompagnant jusqu’à sa dernière demeure. Icône culturelle et, parfois, outil de propagande nationaliste, Oum Kalsoum demeure l’un des symboles de la musique arabe traditionnelle, et reste dans l’histoire comme le premier artiste à avoir su faire découvrir et aimer au grand public occidental la musique du Moyen-Orient.

Nikita Malliarakis

Nikita Malliarakis

Les dates ...

2008 (17 Juin)
Hommage à Oum Kalsoum
1975 (03 Février)
Décès d'Oum Kalsoum
1973
Adieux à la scène
1967 (Novembre)
Concert d'Oum Kalsoum à l'Olympia
1950
Diffusion d'un récital radio

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