Patricia Kaas naît le 5 décembre 1966, à Forbach, en Moselle. La « fille de l'Est » est la dernière née d’une famille de sept enfants. Son père est mineur de fond, sa mère, allemande, l’encourage à chanter.
Débuts au cabaret
A l’âge de sept ans, elle tourne le bâton dans la troupe des Pax Majorettes de Striing-Wendel, commune située à la frontière allemande, et anime de sa voix de petite fille les bals hebdomadaires régionaux. En 1979, un cabaret allemand de Sarrebruck, le Rumpelkammer, lui donne l’occasion de se produire, chaque samedi soir. De Claude François à Sylvie Vartan en passant par l’incontournable « New York, New York » (Frank Sinatra & Liza Minelli), les interprétations de la jeune fille parviennent aux oreilles du compositeur François Bernheim, par l’intermédiaire de son imprésario, l’architecte Bernard Schwartz. C’est le point de départ de « Jalouse » (EMI, 1985), un premier 45 tours écrit par Elisabeth Depardieu et produit par son mari Gérard. Pas de grand succès, silence radio.
Mademoiselle Kaas chante le blues
Deux ans plus tard, Patricia rencontre Didier Barbelivien. « Mademoiselle chante le blues » (n°14) semblait attendre la belle aux yeux d’azur et séduit les auditeurs de plus en plus nombreux. La chanteuse à la voix chaude est récompensée par le Prix Charles-Cros en 1987. « D’Allemagne », le succès suivant, est crédité à François Bernheim et Didier Barbelivien, et Mademoiselle Kaas, déjà, fait la première partie de Julie Pietri sur la scène de l’Olympia. 1988 lui ouvre ainsi la route du succès.
Son premier album, Mademoiselle Chante, devient Disque de platine en France (n°2 des ventes pendant deux mois), mais également en Suisse et en Belgique, et Disque d’or au Canada, totalisant trois millions d’albums vendus. Les Victoires de la Musique lui offrent le titre mérité de « Révélation de l’année ». L’ours en peluche qu’elle serre si souvent dans ses bras avant d’entrer en scène est l’image de ses sentiments pour sa mère, décédée en 1989, qui d’une certaine façon continue à l’accompagner. Patricia Kaas poursuit son désir de chanter en public, gagnant des auditoires de plus en plus lointains en se produisant dans une douzaine de pays seize mois durant (dont une semaine à l’Olympia et au Zénith de Paris). Un exploit digne des chanteuses de réputation internationale comme Sylvie Vartan et Mireille Mathieu. L’Allemagne salue l’artiste de l’année par un Golden Europa.
Et ça marche...
En 1990, Patricia Kaas change de manager et de label pour un nouvel album au titre évocateur : Scène de Vie, comme pour créer la complicité avec un auditoire toujours plus nombreux. Le disque reste dix semaines d’affilée en tête des classements français. Le duo Elisabeth Depardieu - François Bernheim de son premier 45 tours se reforme pour le titre « Kennedy Rose ». La tournée qui suit passe par des pays insolites pour un artiste français : le Japon et la Russie lui font un accueil triomphal. La même année, elle est récompensée en inscrivant à son palmarès la « Meilleure vente d’albums à l’étranger » lors des Victoires de la Musique.
En 1991 sort Carnet de Scène, l’album live de la tournée (dont le DVD du même nom sort en 2004). Après une pause scénique, elle avance encore, avec détermination, féminité et ferveur, en donnant plusieurs concerts aux Etats-Unis et prépare en 1992 son troisième album Je Te Dis Vous, à Londres, avec le producteur Robin Millar (Sade, Fine Young Cannibals). Ses acolytes ne sont autres que Didier Barvelivien, Marc Lavoine, Jean-Jacques Goldman qui signe les couplets de « Il me dit que je suis belle », et Chris Rea sur deux titres (« Out of the Rain » et « Ceux qui n’ont rien »). Cet album figure également sa première chanson en allemand, « Ganz und Gar ».
La chanson française inscrit dans ses mémoires une artiste internationale, élue « Meilleure artiste française de l’année » aux Victoires de la musique, et Patricia Kaas entame son Tour de Charme (titre de l’album live paru en 1994) en Asie du sud-est, de la Corée à la Thaïlande, sans oublier le Vietnam et le Japon.
Mademoiselle Kaas chante à l’international
La carrière de Patricia Kaas connaît alors une curieuse parenthèse avec un album entier chanté en anglais, Black Coffee (1995), spécialement destiné au marché américain qui la boude.