Né le 23 octobre 1937 à Villecesnes dans le Val-de-Marne, Pierre Vassiliu est le fils d’un médecin roumain réfugié en France. Malgré cet exil, l’enfance de Vassiliu est marquée par la guerre et l’Occupation dont il sort avec une envie de croquer la vie à pleines dents. Adolescence zazoue et vie de Bohême, Vassiliu ne semble pas attiré par une carrière médicale comme son père, ni même par les études en général. Turfiste et amateur de courses hippiques, Pierre Vassiliu envisage tout d’abord une carrière de jockey mais sa rencontre en 1954 avec les fantaisistes Roger Pierre et Jean-Marc Thibault ainsi que la fréquentation des cabarets parisiens le convainquent de se tourner vers la profession de chansonnier, d’autant qu’il dispose d’un talent de plume certain.
Qui c’est celui là ?
Au milieu des années 1950, Vassiliu commence à écrire ses propres textes et trouve un premier contrat à l’Ecluse, un cabaret parisien. Marchant dans les pas d’un Georges Brassens ou d’un Pierre Perret, Pierre Vassiliu émaille ses textes de jeux de mots, contrepèteries et autres fantaisies verbales qui font son succès auprès du public parisien. C’est en 1962 qu’il sort son premier disque vinyle, « Armand » qui s’écoule à près de 150 000 exemplaires. Du jour au lendemain, le petit gars des cabarets passe à la radio et s’offre même l’Olympia en première partie des Beatles pour marquer ses débuts en fanfare.
Devenu un yéyé en dépit de ses textes travaillés et de ses rythmiques se rapprochant davantage du jazz que du rock, Vassiliu entame une grande tournée en compagnie de Johnny Hallyday ou Françoise Hardy. Deux ans après « Armand », son talent est sollicité par le réalisateur Claude Lelouch qui lui commande la bande originale de son film Des Filles et des fusils alors que plusieurs interprètes de renom tels Yves Montand ou Claude François se bousculent à sa porte pour obtenir quelques titres de lui.
Complètement toqué, ce mec-là ! Complètement gaga
Cette activité d’auteur pour les autres a pour conséquence de mettre sa propre carrière de côté quelques années. Ce n’est qu’en 1970 qu’il revient sous son nom propre avec un premier album, Amour Amitié, suivi deux ans plus par Attends, un album cette fois plus intimiste. Oscillant entre la chansonnette humoristique et le répertoire plus sérieux aux forts accents jazz et latino, Vassiliu connaît son zénith en 1973 avec le titre « Qui c’est celui là ? », une reprise en français d’un morceau de Chico Buarque. Nonobstant le fait que Vassiliu ait transformé une chanson de lutte sociale en morceau comique et léger, « Qui c’est celui là ? » reste à ce jour son disque le plus vendu et son titre le plus connu.
Je ne suis pas un play-boy, je ne paye pas de mine
Cependant, le succès s’essouffle car la chanson humoristique commence à passer de mode. Ainsi, les albums Voyage, en 1975 et Déménagements, en 1978, ne rencontrent qu’un accueil mitigé car Pierre Vassiliu, qui se tourne désormais vers la musique latino surprend son public au point de lui déplaire. Certes, l’écriture de musiques de films et de chansons pour d’autres lui assurent des revenus confortables, mais sa carrière personnelle stagne, en dépit de la sortie de plusieurs albums et singles jusqu’en 1984, date à laquelle, un peu en froid avec la France, il choisit de s’exiler à Dakar.
Je me gare n'importe où j'vous jure que j'suis heureux
Retiré des voitures, Vassiliu entame sa période africaine comme simple tenancier de bars et de boîtes de nuit, profitant au soleil de ses droits d’auteur accumulés au cours des années. L’influence de la musique sénégalaise est cependant plus forte que ses velléités de retraite dorée et, rattrapé par ses vieux démons, Pierre Vassiliu retourne en studio en 1986 pour enregistrer « Toucouleur », un disque teinté de sonorités africaines. Un nouvel album l’année suivante relance l’intérêt pour le chanteur dont plus grand monde n’attendait vraiment le retour et, en dépit d’une certaine discrétion, Vassiliu remonte sur scène et tourne jusqu’à la fin des années 1980 avant de lever à nouveau la pédale sur sa carrière de chanteur.
Je montais dans mon engin interplanétaire, et je ne remis jamais les pieds sur la terre
Ce n’est qu’en 1993 qu’il revient, sous l’éphémère patronyme de Pedro Vassiliu, avec La Vie, Ca Va, un album fidèle à sa carrière de chansonnier avant de remixer façon jazz manouche quelques-uns de ses anciens succès dans le cadre de l’album Les Délires de Vassiliu.