avis, critique, chronique de Cheerleaders , Pierrick Pédron

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Chronique de Cheerleaders

par

Toi qui entre ici en caressant l’espoir de t’offrir un bon petit disque de jazz, orthodoxe et sans surprise, change de trottoir : tu vas frôler la migraine. Et toi qui conserve chevillée à l’âme la conviction absolue selon laquelle Pierrick Pédron est le saxophoniste alto dont le jazz contemporain a besoin, avance-toi : nous t’ouvrons les bras.

Alors, voilà, convoquons le principe d’un inventaire à la Prévert : le quintette du patron (et plus si invités, mais citons toutefois le bassiste et porteur de concept Vincent Artaud, ou le pianiste Laurent Coq), quelques chanteuses (dont la très contemporaine Élise Caron), et une fanfare – une vraie – ont été utilisés pour ce Cheerleaders rêvé depuis vingt ans, et enregistré à Bruxelles, reine des défilés baroques et exubérants, sous la houlette de Jean Lamoot, qui a beaucoup donné dans le décalage (Alain Bashung, Noir Désir), et c’est très bien comme cela.

Pour tout dire, et en neuf tableaux, l’album nous conte les péripéties d’une majorette, droite dans ses bottes qui sont faites pour marcher, malgré brouillards et autres perturbations atmosphériques (« The Cloud » et sa guitare à saturation psychédélique, « The Mists of Time » en romance pour midinette). Pour le reste, chacun apportera les images souhaitées, tricotant un cinéma intime en illustration de l’histoire d’une jeune fille monstrueusement normale, qui un jour s’éveille munie d’une tête de brochet, et achève son parcours en incarnation d’une danseuse contemporaine.

Sans doute Pédron est-il un peu Madame Bovary pour le coup, mais cela n’a pas grande importance, car l’intérêt est ailleurs : dans la rencontre entre les seize pupitres du brass band, les jazzmen et les choristes, toujours complémentaires et jamais artificiellement juxtaposés ; dans ces univers a priori étanches – free rock et post bop, par exemple – qui multiplient ici les appariements ; dans la science, exacte et libertaire, d’une musique nourrie d’écriture rigoriste et d’improvisation tout à la fois ; dans un patron enfin, compositeur et instrumentiste, qui mise tout sur le rouge de l’inspiration en urgence, et qui désintègre de son simple souffle tout conformisme.
 
Bon, où en étions-nous ? Ah, oui : Cheerleaders n’est pas un disque facile, mais pas aride non plus. Pierrick Pédron s’y impose comme meneur de revue, voire de troupe, et rompt définitivement avec le signe indien qui voulait limiter ses interventions à celles d’un émérite soliste. Ici, l’intelligence et la sensibilité sont dans un bateau, et personne ne tombe à l’eau. Car, in fine, Cheerleaders est un grand disque.



Christian Larrède

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  1Esox-Lucius00:06:22
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  2The Cloud00:06:40
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  3Miss Falk's Dog00:04:15
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  4The Mists of Time00:03:21
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  5Nonagon's Dance00:04:12
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  62010 White Boots00:07:13
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  7The Cheerleader’S Nde00:06:17
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  8Coupe 300:06:27
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  9Toshiko00:06:10
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Les dates ...

2011 (29 Septembre)
Sortie de l'album Cheerleaders
2005 (Novembre)
Enregistrement de Deep in a Dream
2001 (16 Avril)
Sortie de l'album Cherokee
1994
Début de Pierrick Pédron
1969
Naissance de Pierrick Pédron

Vidéo

Pierrick Pédron - clip vidéo Mademoiselle Croissant

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