Roger Waters fait la connaissance de Nicholas
Mason et de Richard Wright en 1962 à Londres. Passionnés de musique (blues et jazz), ils forment vite un groupe. Le répertoire est essentiellement composé de reprises de blues comme
« Louie, Louie » ou
« Roadrunners ». En 1966, Roger «Syd» Barrett, un ami de
Roger Waters, intègre le groupe.
Le
Pink Floyd avant-gardiste des années 1960 développe un blues psychédélique, ouvert à l’improvisation sur fond de diapositives ou des fameuses projections sorties du labo de Mike Leonard, du Hornsey College of Art. Les prestations de
Pink Floyd à la
All Saints Church, dans les rendez-vous de la Roundhouse ou au night-club l’UFO, en font rapidement un des groupes fétiches du
Swinging London, il est totalement assimilé par un mouvement psychédélique en plein essor.
En mars 1967, sort le single
« Arnold Layne », rapidement suivi par
« See Emily Play » qui se hisse à la 6ème place des charts. Déjà des signes de faiblesse apparaissent chez
Syd Barrett, qui s’adonne de plus en plus aux drogues : marijuana, LSD. C’est dans cette atmosphère que sort l’album
The Piper at the Gates of Dawn en août. Waters,
Mason et Wright souhaitent trouver un musicien capable de remplacer Barrett lors des concerts et le laisser tranquillement composer chez lui.
David Gilmour, son ami d’enfance, de Cambridge lui-aussi et guitariste expérimenté est choisi. Poussé vers la sortie le 6 avril 1968,
Syd Barrett quitte définitivement
Pink Floyd.
En 1968 sort l’album
A Saucerful of Secrets. Dans la continuité de l’album précédant, il révèle surtout les qualités d’écriture de Waters avec le fascinant
« Set the Control for the Heart of the Sun », l’ensemble reste homogène,
« Jugband Blues », est le dernier et brillant délire musical composé par
Syd Barrett.
En 1969, le groupe s’oriente vers la composition de musique de films (
More de Barbet Schroeder et
Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni), puis, avec la sortie du double album
Ummagumma, constitué de quatre compositions (une par membre), il va dévoiler une orientation expérimentale à l’extrème. En 1970, avec
Atom Heart Mother, dont la célèbre jaquette à la vache est réalisée par le studio Hypgnosis de
Storm Thorgerson, une recomposition se dessine : tempo lent, percussions, voix douces, guitares slide, très aériennes, nappes de synthétiseurs..
En 1971, sort l’album
Meddle. Ce qui n’était encore qu’addition d’ingrédients dans
Ummagumma prend substance dans les exercices hypnotiques comme
«Echoes», véritable mini symphonie . Vient ensuite le tournage du film
Live at Pompéi, d’Adrian Maben, suivi par la réalisation de la musique du film
La Vallée de Barbet Schroeder, lui-même accompagné par la sortie de la B.O. assez passable d’
Obscured by Clouds. Le groupe tourne beaucoup, en France, avec les ballets de Roland Petit, sur une scène surélevée dominant les danseurs et leurs entrechats sur
«Echoes», en Australie, au Japon, en Angleterre.
L’explosion a lieu en
1973 avec l’album qui forgera définitivement la célébrité du groupe et leur ouvrira les portes des Etats-Unis.
The Dark Side of The Moon envahit les charts et pour bien des années : 40 millions d’exemplaires vendus, une présence de plus de 800 semaines dans le Top 200 du Billboard. Opus phénoménal et novateur, bénéficiant des plus grandes avancées techniques de l’époque : quadriphonie, dolby, enregistrement sur 16 pistes.
Le succès de
The Dark Side of the Moon est tel que le groupe lui-même se rend compte que la barre est maintenant mise très haut.
Pink Floyd expérimente aussi dans les affaires avec le contrat Gini, qui fait scandale à l'époque. Un des symboles de la contre-culture hippie sponsorisé pour une série de concerts, vous avez dit visionnaire ?
Etrangement, c'est le fantôme de
Syd Barrett qui va montrer le chemin en 1975, au travers des recherches de Gilmour qui inspirent à Waters
Wish You Were Here. Album planant et épuré, flottant entre absence du génial disparu et critique de l’industrie du disque.
Roger Waters, qui compose l’essentiel des morceaux, s’impose de plus en plus comme leader.
Animals en 1977 est un album plus rock, le cynisme de Waters expose une humanité en castes, comparables aux espèces animales. Ses compositions laissent à peine une légère participation à Gilmour pour quelques solos de guitare et sa personnalité pèse sur le groupe.