Milieu des années 80 au Luxembourg:
Brian Molko (de nationalité britannique et américaine) et
Stefan Olsdal (suédois), issus de la classe bourgeoise, fréquentent la même école mais ne se côtoient pas. Brian s'ennuie dans ce pays. Il préfère passer ses journées à écouter des disques, enfermé dans sa chambre, et apprendre la guitare en autodidacte. En octobre 1990, deux mois avant sa majorité, bien décidé à devenir acteur, il part à Londres et s'inscrit au Goldsmith's College. Une amie pensionnaire de l'université lui fait rencontrer
Steve Hewitt en 1991. Steve est batteur, et bien qu'engagé dans divers projets musicaux, accepte de jouer, de temps en temps, en duo avec Brian dans des clubs londoniens. Parallèlement,
Stefan Olsdal se trouve lui aussi à Londres afin d'étudier la musique.
BriptopEn ce matin de 1994, Brian et Stefan se rencontrent par hasard à la sortie du métro South Kensington. Brian a fini ses études depuis deux ans. Il est au chômage, dans un état dépressif, mais continue la musique. Se produisant ce soir-là au Round the Bell, un pub de Deptford, en compagnie de Steve, il propose à Stefan d'assister au concert. Ce dernier accepte l'invitation sans véritable envie. Mais le soir même, totalement impressionné par la représentation à laquelle il vient d'assister, Stefan propose à Brian de collaborer avec lui. Ainsi, c'est sous le nom d'Ashtray Hearts, référence à un titre de
Captain Beefheart, que
Brian Molko et
Stefan Olsdal commencent à composer. Steve joue aussi avec Breed et les Boo Radleys et donc à ce titre, n'est pas un membre permanent. Le groupe enregistre très vite sa première maquette sur un 4 pistes. D'autres démos suivirent, mais
Steve Hewitt, devant assurer la première partie de
Nick Cave avec ses copains des
Breed, est contraint d'abandonner ses amis d'Ashtrey Hearts. C'est pourquoi, en octobre 1994,
Robert Schultzberg, ami d'enfance de Stefan, devient le nouveau batteur du groupe. A partir de ce moment là, le trio se rebaptise
Placebo.
Placebo, non pas pour l'effet, mais tout simplement pour la musicalité du mot.
Le 23 janvier 1995, après trois mois intensifs de répétition, Brian à la guitare et au chant, Stefan à la basse, et Robert à la batterie, donnent leur premier concert au Rock Garden de Londres. Deux mois plus tard,
Placebo enregistre 6 titres au studio Sound Advice de Deptford. Le groupe continue de tourner et fait une première partie très remarquée d'Ash au Dublin Castle le 24 juillet 1995. Alors que les groupes de rock
Blur et
Oasis se disputent la première place des charts anglais, les professionnels de l'industrie musicale commencent à s'intéresser à ce jeune groupe au leader qui porte des jupes, se maquille, et doté d'un timbre de voix si particulier.
Placebo se voit ainsi proposé la participation à un tremplin rock. La formation remporte le tremplin avec deux autres groupes, ce qui lui permet de présenter pour la première fois un de leurs titres,
« Bruise Pristine », sur une compilation du label Fierce Panda. Le CD sort à 1500 exemplaires, le groupe répond à une interview du fameux magazine NME, et continue de jouer où il le peut.
En 1996, les choses vont s'accélérer pour
Placebo. Tout d'abord, le 5 février 1996, le groupe sort son premier single, «
Come Home », sur Deceptive Records, qui se classe troisième des charts indie. Puis, c'est avec Hut Recordings, un label de Virgin, qui leur garantit une certaine liberté de création, que le trio signe un contrat.
Placebo est alors repéré par
David Bowie qui appartient à la même maison de disques. Il leur propose de faire les premières parties de ses concerts, en remplacement de Morissey, ex-Smith. Le groupe crée également son label, Elevator Music.
MaturitéToujours sur leur lancée, les membres du groupe enregistrent au printemps, en seulement quatre semaines, leur premier album éponyme. Il sort le 17 juillet 1996 et connaît un succès très rapide. Le mélange « sexe, drogue et rock n'roll » plait au public, si bien qu'on annonce déjà
Placebo comme un futur espoir de la scène rock anglaise. L'album est sacré disque d'or en Angleterre et en France. D'autre part, la presse à scandale britannique s'empare des paroles provocantes et de la personnalité de
Brian Molko qui ne cache pas sa bisexualité et de
Stefan Olsdal qui avoue être homosexuel.