Tout commence lorsque Madame Yorke offre à son fils Thomas sa première guitare, à l’occasion de son 8ème anniversaire. Dès lors, ce dernier n’a plus qu’une idée : intégrer un groupe, ce qu’il réalisera deux ans plus tard. En 1982, il intégrera son deuxième groupe : TNT. Mais Thom aspire vite à autre chose que le punk qu’il pratique avec ces formations, quelque chose de plus personnel. Interviennent alors deux de ses camarades d’école :
Colin Greenwood et Ed O’Brien, vite rejoints par
Phil Selway, ils créent On A Friday en 1987. Jonny, le frère de
Colin Greenwood, est présent à chaque répétition, il passe son temps à supplier le groupe de l’intégrer et finira par y entrer avec son harmonica, accompagné par deux sœurs saxophonistes.
Arrive le passage obligé par les études. Le groupe se disperse aux quatre coins du Royaume-Uni, tous dans des universités différentes : Thom étudie l’anglais et l’art à Exeter, Colin la littérature anglaise à Cambridge, Ed l’économie à Manchester, Phil l’anglais et l’histoire à Liverpool, et Jonny, un peu plus tard, la musique et la psychologie à Oxford. Pourtant, chacun de leur coté, ils ne s’éloignent jamais vraiment de la musique, et s’investissent dans divers projets : Thom est guitariste dans un groupe de techno (Flickernoise), Phil joue de la batterie pour des productions théâtrales, quant à Colin, il est responsable des manifestations culturelles du collège de son université.
Seul Jonny, ambitieux et téméraire, arrête ses études pour la musique. C’est lui qui, plus motivé que jamais, est à l’origine de la re-formation du groupe, renommé
Radiohead, lors de l’été 1991. Son nom est tiré d’une chanson des Talkings Head. Dès lors, tout s’enchaîne assez vite : premier concert en juillet 1991 à l’Hollybush Inn, première émission de radio commerciale, premier single
« Prove yourself » élu chanson de la semaine sur la BBC…
Radiohead fait impression. Les concerts sur les scènes oxfordiennes s’enchaînent et leur permettent d’être remarqué par le Coutyard Studio avec qui ils enregistrent une nouvelle démo, avant de signer avec EMI. Vient ensuite la surprise
« Creep » : largement diffusé sur les ondes, le titre est une révélation. Ignoré lors d’une première sortie en septembre 1992, il est ressorti en 1993 pour la B.O. du film
Cyclo, le succès est considérable et le single atteint rapidement le top 10. Le titre deviendra même chanson de rock alternatif de l’année 1993 au Royaume Unis.
L’ascension se poursuit avec la sortie du premier album de
Radiohead,
Pablo Honey, qui se classe vite au top 30. En 1994, avec le recul de l’expérience
« Creep », le groupe devient plus mature, plus profond. C’est dans cette période de transition qu’il rencontre
Nigel Godrich. Sa participation est encore limitée sur
The Bends, deuxième album sorti en 1995, produit par le vétéran
John Leckie, dont il est l’assistant. Mais le groupe est conquis et Godrich, vite considéré comme membre à part entière, produira les albums de
Radiohead jusqu’en 2003.
The Bends assoira le succès international du groupe, après deux ans de promotion et une tournée mondiale en première partie des grands du moment comme
Alanis Morissette, ou encore le très révéré REM. Et pourtant les critiques semblent toujours faire la sourde oreille…
Le troisième album de
Radiohead,
OK Computer, sort en 1997. Enregistré dans leur propre studio, Canned Applause, il défraie la chronique : univers sombre, base rock parfois violente, composants électros. L’album est visiblement en avance sur son époque, de ceux qui marquent l’histoire, et les opinions sont unanimes : le public et les critiques se l’arrachent. Le succès est tel que le groupe se renferme, il va s’isoler pendant près de deux ans et ses apparitions se feront de plus en plus rare. Mais cette popularité nouvelle n’entachera en rien leur évolution : les pieds sur terre, les membres du groupe restent avant tout des musiciens passionnés. Le film
Meeting people is easy rapporte cette période de long silence.
Face à ce vide, quelques questions se posent sur la capacité du groupe à rebondir. La réponse est donnée en 2000, où
Radiohead va étonner avec deux albums successifs :
Kid A , sorti en Octobre, puis
Amnesiac, sorti en Juillet 2001. Dans ces albums
Radiohead innove avec plus d’éléctro et une influence free jazz impulsée par
Jonny Greenwood. D’après eux, les deux albums, proches par leur date de sortie, ne reflètent qu’un seul et même univers, traité sous deux aspects différents : si
Kid A laisse entrevoir un incendie à l’horizon,
Amnesiac est situé au cœur des flammes.