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par Benjamin D'Alguerre

L’histoire de Rammstein commence avant la chute du mur de Berlin, dans une RDA en mutation, à la fois méfiante et envieuse de l’Ouest. La genèse de Rammstein, c’est l’histoire d’une certaine jeunesse Est-Allemande qui s’échangeait quelques imports de Kiss, de Pink Floyd ou d’AC/DC sous le manteau en répétant dans les caves au sein de formations de rock underground, alors seuls vecteurs de révolte pour une jeunesse qui voyait lentement se profiler l’inéluctabilité de la fin d’un monde.

S’ils reçurent tous une éducation toute soviétique (le chanteur Till Linderman fut ainsi un jeune espoir Est-Allemand en natation), les futurs membres de Rammstein n’en passèrent pas moins leurs jeunes années à se roder à l’exercice du Rock au sein de quelques formations Punks comme Feeling B, Die Firma ou Firts Arsch dont les routes se croisèrent souvent dans les quelques festivals Rock vaguement tolérés par le pouvoir d’Erich Honecker.



Aller Anfang ist Schwer


Mais ce n’est qu’au début des années 1990 que le groupe, dont la plupart des futurs membres sont désormais établis à Berlin, entame son existence réelle. Composée du chanteur Till Linderman, des guitaristes Paul Landers et Richard Zven Kruspe, du bassiste Oliver Riedel et du batteur Christian Lorenz, la formation doit son nom à la ville de Ramstein, en Rhénanie, célèbre pour le crash d’une dizaine d’avions de la Frecce Tricolori italienne (l’équivalent transalpin de la Patrouille de France) lors d’une prestation publique en 1988, ayant causé soixante-sept morts. La tragédie inspire un morceau – « Rammstein », avec deux « m » - au groupe qui répond alors au patronyme de The Inchtabokatable. Quant au « m » surnuméraire, il n’est en aucun cas du à un quelconque symbole plus ou moins occulte, mais à une bête faute d’orthographe survenue lorsque les musiciens retranscrirent le nom de la ville sur leur première maquette.

Une première démo, justement, qui, en 1994, leur permet de gagner un concours musical organisé par la ville de Berlin et une semaine d’enregistrement dans un studio bien équipé. Dès lors, le patronyme de Rammstein est définitivement adopté par le groupe qui sort son premier album, Herzeleid, dans la foulée... et créé aussitôt la polémique ! En effet, sur la pochette, les six membres de Rammstein posent torses nus, dans une pose rappelant ostensiblement une certaine imagerie nazie et une certaine presse voit, dans l’accent rocailleux de Linderman quelques sonorités et autres roulements de « r » rappelant furieusement l’élocution hachée associée traditionnellement à Adolf Hitler (il s’agit, en réalité, de l’accent typique de Leipzig où Linderman vit le jour).

Quelques morceaux à l’esprit très martiaux comme « Asche zu Asche » ou « Heirate Mich » (dont le refrain scandé s’accompagne de quelques imprécations qu’un esprit mal tourné peut interpréter comme autant de « Heil » en puissance) font naître la suspicion. Sommés de s’expliquer, les membres de Rammstein concèdent leur maladresse mais rappellent que le simili-culte du corps viril et martial mis en avant sur leur disque n’était pas l’exclusivité de l’Allemagne nazie et fut largement partagé par l’idéologie officielle de la RDA dans laquelle ils grandirent.



Am Erste, Europa...


La polémique créée autour d’ Herzeleid permet cependant à Rammstein d’obtenir une notoriété assez conséquente d’autant qu’ils sont alors l’un des seuls groupes de métal progressif/industriel de la scène allemande à chanter dans leur langue maternelle. Ils n’adoptent la langue de Shakespeare qu’en 1997 pour les morceaux « Engel » et « Du Hast » destinés à conquérir l’Amérique. Étrangement, si les deux titres anglophones passent inaperçus aux Etats-Unis, leurs versions germanophones s’arrachent comme des petits pains au pays de l’Oncle Sam, preuve que le public US préfère l’original à la copie. L’album Sehnsucht, la même année, joue volontairement la carte de la provocation destinée à faire bondir les pisse-froid. Flanqué de quelques illustrations très « Trash-SM », l’album s’offre une reprise de Depeche Mode, « Stripped », dont le clip reprend plusieurs séquences des Dieux du Stade de Leni Riefenstahl, la cinéaste officielle de l’Allemagne nazie.

Mais, contrairement à l’expérience Herzeleid, la provoc est ici totalement voulue, décomplexée et assumée.

Les dates ...

2010 (04 Juillet)
Festival Main Square
2008 (09 Novembre)
Enregistrement de Album 6
2004 (27 Septembre)
Succès avec Reise, Reise
2001 (02 Avril)
Sortie : Mutter
1997 (05 Décembre)
Tournée américaine

Vidéo

Amerika
Rammstein

En Concert

Le 01/08/2010
à Londres (Royaume Uni)

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