Premier album de ce jeune Breton de 28 ans,
Repenti est une galette d'émotions imaginaires à la croisée d'un fantasme banal et d'une réalité fantasque, un mélange d'émotions sarcastiques, de ressenti mi-sombre mi-ironique. Du voyeur qui, « de sa fenêtre en face caresse le plexiglas » en observant
« Les Voisines » au mafioso
« Repenti » inspiré du
Parrain de Francis Ford Coppola en passant par le fossoyeur,
« Monsieur Marcel » , le dominé aux airs de
« Chien mouillé » qui suit sa maîtresse partout, l'insomniaque qui regarde Canal+ le dimanche soir (
00h01) ...
Renan Luce dépeint une galerie de personnages atypiques où les clichés inversés côtoient les personnages anecdotiques (
« Camelote ») comme dans un cirque de province (
« Lacrymal circus »).
Tourbillon de rythmes à la fois empruntés et nouveaux, sensations olfactives d'un souvenir d'enfance (
« Mes Racines »,
« I Was Here »), le disque de
Renan Luce est une véritable farandole de sens en éveil mêlant bossa nova (
« Repenti »,
« Je suis une feuille ») et folk abrasif (
« La Lettre ») à la manière d'un Dylan (
« I Was Her ») pour le côté cow-boy.
Digne héritier des Brassens, Brel, Ferré ou Moustaki, l'auteur-compositeur à la plume poétique et à la voix rocailleuse - qui n'est pas sans nous rappeler les vibrations d'un Renaud - apporte ce regard neuf sur les choses (
« L’Iris et la rose ») en signant là un album abouti et encensé par la critique.
Amélie Le Bars