Sachant jouer avec les mots et leurs sens, Richard Gotainer multiplie les sous entendus explicites dans ses chansons, sans que ceux-ci ne soient cependant choquants ou même vulgaires, devenant par là même le premier chanteur pour adultes écoutable sans danger par les enfants.
Saupiquet et Astérix
En 1985 sort l’un des albums les plus étranges de la carrière du chanteur. Poil à la Pub n’est pas réellement un disque de chansons, mais une compilation de tous les jingles et autres slogans enregistrés par Richard Gotainer lors de sa carrière de créatif (qu’ils aient été acceptés ou non par les marques). S’il peut paraître étonnant de commercialiser un album composé uniquement de petites ritournelles à la gloire de friteuses, de couscous en boîte ou de boissons parfumées à l’orange, le résultat n’en reste pas moins « gotainerien » dans l’âme : mélodies afros ou synthétiques dans l'air du temps, paroles rigolotes et grosse dérision. S’il n’a jamais réellement pris au sérieux les produits qu’il était chargé de vendre, Richard Gotainer n’en est pas moins resté un compositeur doué et original et l’on se surprend parfois à regretter que quelques petites chansonnettes publicitaires brillantes ont été refusées par un annonceur qui leur préférait une version bien plus fade.
Vive la Gaule, en 1987, déçoit un peu. S’il reste globalement distrayant, cet album de commande, monté sous la houlette d’Albert Uderzo et rendant hommage à l’univers d’Astérix, s’avère un peu trop opportuniste pour être honnête. Richard Gotainer est un admirateur sincère des aventures du petit Gaulois, mais son travail avec le compositeur Eric Kristy (imposé par Uderzo) est loin des fulgurances que le chanteur pouvait atteindre avec les musiques de Claude Engel. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas en boudant en masse cet album dont il perçoit les ressorts plus mercatiques qu’artistiques.
Au cinéma
S'intéressant au cinéma, Richard Gotainer participe à l’aventure Bienvenue au tas de sable de Didier Grousset, en 1989, dont il a écrit le scénario, composé la bande originale et dans lequel il joue aux côtés de Jean-Paul Muel et Ged Marlon. Le film est un échec et Richard Gotainer, mécontent du travail du réalisateur, est le premier à le regarder d’un œil critique, mais quelques extraits restent cependant anthologiques, notamment le fameux « Combat de Rock » qui voit Gotainer affronter un Django Edwards maquillé en chanteur de hard rock FM (et doublé pour l’occasion par le chanteur de Trust, Bernie Bonvoisin) sur un ring devant un parterre de rockeurs déchaînés. Pas mauvais acteur, Gotainer récidive devant la caméra à quelques reprises, notamment pour les besoins de La divine poursuite, de Michel Deville, L’hygiène de l’assassin de François Ruggieri ou Opération Bugs Bunny de Michel Hassan, souvent dans des seconds rôles comiques assez convaincants.
Tout chez lui l’habite
En 1990, Ô Vous est surtout popularisé par le titre « Femmes à lunettes », là encore à double sens, mais est unanimement jugé – en tant qu’album – moins bon que ses prédécesseurs. Petite baisse de forme pour le chanteur qui revient en 1992 avec un excellent D’amour et d’Orage, album poétique, moins absurde que la production antérieure. S’il se veut plus intimiste, D’amour et d’Orage n’en comporte pas moins quelques titres assez typiques de l’humour très monty-pythonesque du chanteur comme « Etrange rigodon », « Bye bye clope », « J’crie pas, j’explique » ou le titre-mystère (présent sur la dernière plage sonore du CD) « Tout chez moi l’habite ».
Moins présent dans les grands médias, Richard Gotainer n’en reste pas moins actif et, s'il est plus rare sur les plateaux de télévision, c’est surtout en concert avec le Gotainer’s Band qu’il continue à se produire devant son public, notamment au Casino de Paris. Elle Est Pas Belle, la Vie ?, en 1994, permet au chanteur de composer quelques tubes dignes de la grande époque tels « Nadine à oilpé » (où, tout en imitant l’accent arabe, Richard Gotainer parvient à éviter l’écueil du racisme), « Les Aoûtats » ou « L’automodébile ». Révélant sa sensibilité écolo, il enregistre Tendance Banane en 1997 dans lesquels on retrouve « Paris, tu pues » ou « Soleil, fais moi ma fête ».
L’intégrale
S’ensuivent alors quelques années de « blanc » pendant lesquelles Richard Gotainer revient à son métier de publicitaire, tout en tournant occasionnellement et reprenant ses anciens tubes.
Les dates ... 2006 Sortie de Gotainer, l’Intégrale 1997 Sortie de Tendance Banane 1990 Sortie de « Femmes à lunettes » 1989 Sortie au cinéma de Rendez-vous au tas de sable 1985 Sortie de Poil à la Pub |