Les quarante chansons offertes ici couvrent l’ensemble de la carrière d’Orbison, des débuts sous influence rockabilly dans les studios Sun, au come-back (inespéré ?) des années quatre-vingt, en passant par les monuments de pathos, et de rythme, gravés pour le compte de la firme Monument. Même l’album
Mystery Girl, et quelques-unes de ses romances éternelles, répond présent à l’appel, car enregistré avant l’établissement dudit catalogue, ce qui rend précieuse – et inédite - cette compilation.
Pour le reste,
« Ooby Dooby » (le tout premier hit),
« Only The Lonely » (premier numéro un en Grande-Bretagne),
« Crying » (dans sa version originale),
« Blue Bayou » (que
Linda Ronstadt sut si bien faire fructifier),
« Oh, Pretty Woman » (qui rendait captivant le cinéma au moins trois minutes),
« You Got It »,
« She’s A Mystery To Me »,
« In Dreams »,
« Claudette » (jadis prêté aux Everly Brothers), et
« I Drove All Night » (ultime chevauchée avant inventaire), rappellent deux évidences : le rock reste, viscéralement, une chose tragique, où les cœurs saignent d’abondance.
Et il semble difficile de vivre sans Orbison, la voix, en ascenseur permanent sur les octaves, d’Orbison, la capacité d’Orbison d’inscrire plusieurs mélodies dans une seule chanson, la dignité d’Orbison face au temps qui passe, et aux malheurs qui vont avec. Cela dit, chacun fait comme il veut. Très bien vendu en Europe,
The Essential Roy Orbison connaîtra un parcours flatteur dans les classements de vente de musique country (79ème), ce qui constitue une étiquette comme une autre.
Christian Larrède