Il naît à Rhinnebeck, Canada, le 22 juillet
1973, avec la double nationalité canadienne et américaine. Son père est le chanteur-auteur-compositeur et acteur américain
Loudon Wainwright III et sa mère la chanteuse canadienne
Anna McGarrigle - les racines québécoises de cette dernière font que Rufus parle (très bien) le français, d'autant qu'il a grandi à Montréal, où il possède toujours une maison. Par son père, il descendrait en droite ligne de Pieter Stuyvesant, grande figure historique américaine en tant que dernier directeur général de la Nouvelle-Hollande. Sa venue au monde inspire à son père une chanson plutôt caustique,
« Rufus Is a Tit-Man », sur son disque
Unrequited, sa mère répondant par
« First Born », sur l'album
Dancer With the Bruised Knees. Trois ans plus tard, Rufus aura une soeur, Martha, mais, alors qu'ils sont encore enfants, leurs parents divorcent - ils auront une demi-soeur par leur père, qui poursuivra sa carrière à New York tandis qu'Anna McGarrigle ira s'installer avec Rufus et Martha à Montréal.
Evidemment, ses premières années sont baignées dans la musique, mais guère dans le rock'n'roll, plutôt le folk, le classique et aussi le music-hall de Broadway des années 30. A l'âge de six ans, il commence à apprendre le piano, qu'il maîtrise très vite. A treize ans, il publie
« I'm A-Runnin' », sa première chanson enregistrée professionnellement (pour la bande originale du film
Les Aventuriers du timbre perdu, dans lequel il apparaît) et il gagne grâce à elle un Genie Award, l'équivalent d'un Oscar au Canada. Trois ans plus tard, il fait ses premiers pas sur scène en tournant en tant que pianiste avec le groupe accompagnateur de sa mère et de sa tante, les soeurs Anna et
Kate McGarrigle. Il se passionne aussi pour la guitare et commence à composer, jouant à l'occasion sur des enregistrements de sa mère. A peine entré dans l'adolescence, il découvre son homosexualité, qu'il affichera toujours fièrement, même si à quatorze ans, lors d'un séjour à Londres, il est victime d'un viol qui lui laissera de sérieuses séquelles psychologiques.
Sa scolarité n'en est pas perturbée et il suit ses études secondaires au très huppé établissement de Millbrook, New York, théâtre du film
Le Cercle des poètes disparus et auquel il consacrera une chanson. Il flashe alors sur
Edith Piaf,
Nina Simone,
Judy Garland et même les
Lieder de Schubert (la musique classique aura une grande influence sur ses méthodes de composition). En 1992, il est le sujet d'une autre chanson de son père, « A Father And A Son », sur l'album History. Les années suivantes, il étudie (un peu en dilettante) à l'Université de McGhill de Montréal et écrit un grand nombre de chansons, dont il fait des maquettes avec son ami le producteur Pierre Marchand. Pour les faire connaître, il les interprète en public, ainsi à Montréal, où il se retrouve presque à demeure au Sarajevo Café, un endroit où la jeunesse branchée aime à se rencontrer.
Le nouveau génie de la pop ?Tout bascule pour lui en 1998 lors qu'il déménage à New York puis à Los Angeles, Dreamworks, le label de Steven Spielberg et David Geffen, lui ayant fait signer un contrat : son père (avec lequel ses rapports ont pourtant souvent été tendus) avait donné une de ses démos à son ami
Van Dyke Parks, ancien collaborateur de
Brian Wilson et des Beach Boys, qui l'avait lui-même donnée à
Lenny Waronker, un ponte de Dreamworks. Son premier album,
Rufus Wainwright, lui vaut l'attention plus que bienveillante de la critique internationale (Rufus sera élu « révélation de l'année » par le magazine
Rolling Stone), qui vante son originalité et la qualité de ses chansons et de ses orchestrations et voit en lui un génie, un nouveau
Jeff Buckley, chanteur auquel il a souvent été comparé et avec lequel il avait des goûts musicaux en commun. Sur quelques titres,
Van Dyke Parks signe même les arrangements. Son succès est tel qu'à 25 ans, il est déjà beaucoup plus célèbre que ses parents, ceux-ci n'ayant jamais dépassé le statut d'artistes-culte.
Maintenant lancé, il multiplie les rencontres et les collaborations et on le retrouve sur de très nombreux albums-hommages et bandes originales de films (
I Am Sam,
Shrek,
Le Secret de Brokeback Mountain,
Ma sorcière bien-aimée, etc.), où il chante quelquefois des compositions inédites et surtout des reprises, dont des chansons de ses propres parents et sa version de la
« Complainte de la butte » de Georges Van Parys, enregistrée en français pour la production hollywoodienne
Moulin Rouge, et qui rallie tous les suffrages.