par Frédéric Régent
Ses disques marchent beaucoup mieux en Europe qu'aux Etats-Unis et il chante aussi bien en tête d'affiche qu'en première partie de stars comme Tori Amos ou Sting.
Gay Icon
Cependant, en dépit des mises en garde de son père, il traîne beaucoup avec certains collègues pas très raisonnables et il n'échappe pas aux excès de la vie de rock star : c'est ainsi qu'au début des années 2000, il plonge dans la dépression et la drogue, plus précisément le crystal meth, substance qui le laisse presque aveugle. Sur les conseils de son ami et admirateur Elton John, il part alors en cure de désintoxication. Il en sort pleinement rétabli en 2003, se remet au travail et offre Want One, produit par Marius DeVries (Madonna, Björk) et pour lequel il passe à Paris en Black Session. Un an plus tard, paraît Want Two, écrit, composé et enregistré lors des mêmes séances. Il y aborde frontalement des sujets plus sérieux, comme la religion, la politique ou la condition homosexuelle, parfois dans une seule chanson comme « Gay Messiah ». Un DVD moitié live et moitié documentaire, All I Want, est réalisé en tournée et sa carrière est relancée pour de bon. Sur Want Two, Antony (d'Antony & The Johnsons) vient chanter avec lui, une sorte de retour d'ascenseur de la part d'Antony, puisque Rufus avait participé à son I Am a Bird Now.
En 2005, Rufus fait, tout comme son père, une petite apparition dans Aviator, le film de Martin Scorcese (lui, son père et sa soeur participent à la bande annonce), puis, ayant décidé de remettre un peu d'ordre dans sa vie sentimentale, il s'installe à Berlin, où vit son compagnon. Dans la presse, on le voit désormais comme une sorte d'héritier de Frank Sinatra et de Giuseppe Verdi - il cite les paroles d'un des opéras de Verdi dans une chanson, « Barcelona ». A son tour, il évoque à l'occasion dans ses textes - en termes plutôt aigres-doux - les relations au sein de sa famille, comme celui de « Dinner at Eight ». Pouvant désormais tout se permettre, il réalise un de ses rêves en recrééant en concert l'album live de Judy Garland (icône gay depuis toujours) au Carnegie Hall de 1961, considéré comme « le plus grand événement dans l'histoire du show-business » et dont il enregistre sa propre version en CD et en DVD. Dans le cadre de ce projet, il ne donne que quelques shows, dont un le 20 février 2007, à Paris, où sa prestation, en demi-teinte, est gâchée par des problèmes de voix mais rehaussée par la présence de sa soeur Martha et de Lorna Luft, la fille de Judy Garland.
Quelques mois plus tard, il offre du nouveau matériel de qualité avec l'excellent Release the Stars, auquel participent Richard Thompson et Neil Tennant, des Pet Shop Boys. Avec Gerry Leonard (ancien chef d'orchestre de David Bowie) aux commandes de son groupe de scène, il tourne sans relâche, ayant toujours eu le goût de la scène. Débordant d'activité, il enchaîne sur un opéra, Primma Donna, dont le livret est en français.
En septembre 2009, Rufus Wainwright sort un album extrait de sa dernière tournée mondiale. Le disque Milwaukee At Last!!! a été capté le 27 août 2007 au Pabst Theater de Milwaukee (Wisconsin). Il est accompagné d'un DVD de la prestation filmé par Albert Maysles. L'artiste passe ensuite à un autre projet studio avec l'album All Days Are Nights: Songs for Lulu. Ce sixième opus sorti en avril 2010 est un excercice piano/voix comprenant une douzaine de compositions dont trois textes sont empruntés à des sonnets de William Shakespeare. C'est le premier disque de Rufus Wainwright à paraître depuis la disparition de sa mère Kate McGarrigle en janvier 2010.
Frédéric Régent
Les dates ... 2010 (12 Avril) Sortie de All Days Are Nights: Songs for Lulu 2007 (04 Décembre) Sortie : Rufus Does Judy at Carnegie Hall 2007 (15 Mai) Sortie de Release the Stars 2004 (16 Novembre) Sortie de Want Two 2004 Duo de Dido et Rufus Wainwright |