Avant cet album, il y a eu bien sûr les deux volumes de
Want, considérés par les vrais fans de
Rufus Wainwright comme son oeuvre majeure, mais qui est sans doute trop gargantuesque pour le profane, qu'il ne faut jamais négliger. Comme
Poses en son temps,
Release the Stars représente un peu un retour aux sources pour son auteur, qui n'en a pas perdu pour autant le goût des productions munificentes (le casting, kilométrique, a dû faire hoqueter un bon moment le comptable de son label) : simplement, il atteint ici avec facilité un équilibre entre ses penchants symphoniques et son goût pour les mélodies simples et léchées (
« Going to a Town »,
« Nobody's off the Hook »), de sorte qu'avec ce
Release the Stars, on a presque droit à une sorte de remake de son premier album, mais en bien plus réussi.
Evidemment, il chute des fois dans la facilité (son péché mignon), ainsi sur le long
« Slideshow », bourré de cuivres mais relevé par de superbes guitares, celles-ci ayant aussi leur place dans ses chansons, comme sur l'audacieux
« Between My Legs ». Et comme dans tout album de
Rufus Wainwright qui se respecte, les invités de marque ne manquent pas : plusieurs titresbénéficient ainsi d'une participation vocale de
Neil Tennant, des
Pet Shop Boys (d'ailleurs co-producteur) et, comme sur ses oeuvres précédentes,
Richard Thompson et son fils Teddy viennent donner un coup de main, de même que
Martha Wainwright (soeur de Rufus et chanteuse reconnue) ou l'excellent
Matt Johnson à la batterie.
Le monde francophone (qui a toujours beaucoup compté pour Rufus Wainwright) n'est pas oublié, avec
« Leaving for Paris N°2 », pas plus que celui des amateurs de bonnes chansons pop avec le lumineux
« Sans souci ». A tous les niveaux,
Rufus Wainwright, plus serein et chaque jour plus inspiré, semble avoir atteint ici sa vraie maturité artistique et
Release the Stars sera d'ailleurs son best-seller et son disque le mieux classé dans les charts anglais (numéro 2 à sa sortie).
« Do I Disappoint You ? » (« Vous déçois-je ? »), demande t-il, un brin angoissé, en ouverture. – Mais pas le moins du monde, mon cher...
Frédéric Régent