Ryland Peter, dit Ry Cooder naît le 15 mars 1947, à Los Angeles (Californie). A la suite d'un accident, il perd l'usage de son oeil gauche à l'âge de trois ans. Il suit de distraites études au Reed College de Portland (Oregon).
Capitaine coeur de boeuf et les pierres qui roulent
C'est en 1964 qu'il fonde le groupe The Rising Sons (en compagnie du bluesman Taj Mahal) : les quelques enregistrements du combo ne feront surface qu'en 1992. Mais la renommée de Ry Cooder commence à s'installer dans les studios de la région : il collabore au premier album du Captain Beefheart's Magic Band (Safe As Milk), puis devient musicien de studio patenté pour Jackie DeShannon, Paul Revere & the Raiders, Neil Young, Jackson Browne, ou Randy Newman (ses deux premiers albums).
Dès 1969, le guitariste est appelé par The Rolling Stones à enrichir de sa slide guitar les séances de Let It Bleed (apportant sa mandoline pour « Love In Vain »), le simple de Mick Jagger « Memo From Turner » (1970), l'album Sticky Fingers - et, en particulier, la slide dans la chanson « Sister Morphine »- (1971), ainsi que le projet Jamming With Edward (1972), rassemblant trois Rolling Stones et le pianiste américain Nicky Hopkins.
En nom propre
Dès 1970 paraît son premier album éponyme. Il est suivi de Into The Purple Valley (auquel collabore l'arrangeur de the Beach Boys Van Dyke Parks), et de Bommer's Story (1972). Puis, les albums se succèdent : Paradise And Lunch (1974), illuminé d'un duo avec la légende du piano jazz Earl Hines, Chicken Skin Music (1975), Showtime (1977), Jazz (1978), en hommage à la musique du siècle précédent et à Scott Joplin, Bop Till You Drop (1979), premier enregistrement digital réalisé par une major, et premier tube grâce à une « Little Sister » empruntée à Elvis Presley, Borderline (1980), Ry Cooder Live et The Slide Area (1982), enrichi de reprises de Curtis Mayfield, ou Bob Dylan.
Premier voyages
Dès cette époque, Ry Cooder entame des pérégrinations musicales de par le monde, ramenant de ses voyages des enregistrements remarqués, en Inde ou au Japon, avec l'accordéoniste tex-mex Flaco Jimenez, le joueur de cornemuse galicien Carlos Núñez, ou les Irlandais de The Chieftains. Mais Ry Cooder n'oublie pas ses racines, se liant d'une profonde amitié avec le producteur de Memphis Jim Dickinson, travaillant régulièrement avec le guitariste californien David Lindley (et formant un groupe de scène avec la femme de celui-ci, et son propre fils), ou enregistrant plus ponctuellement avec de grands noms du blues, tels John Lee Hooker, ou Clarence Gatemouth Brown.
Au cinéma
En 1984, le guitariste compose la musique du film de Wim Wenders, Paris, Texas (Palme d'Or du festival de Cannes) : cela ne constitue que l'épisode le plus connu d'une longue idylle avec le cinéma, ayant conduit Ry Cooder à participer à plus d'une vingtaine de films. Il signe ainsi la partition de six films de Walter Hill - dont Le Gang des Frères James -, ou celle d'Alamo Bay de Louis Malle. En 1987 paraît le douzième album de Ry Cooder, Get Rhythm, où l'on retrouve l'acteur Harry Dean Stanton. En 1988, il produit l'album Live And Let Live de Bobby King et Terry Evans (qui est suivi en 1990 de Rhythm, Blues, Soul and Grooves des mêmes). En 1992, l'Américain fonde l'éphémère groupe Little Village, en compagnie de John Hiatt, Jim Keltner, et Nick Lowe.
Voyages, suite
En 1993 paraît A Meeting By The River, enregistré en collaboration avec le musicien indien Vishwa Mohan Bhatt, et pour lequel il obtient un Grammy Award. La même année, Ry Cooder enregistre avec les Mongols des Tuvan Throat Singers la musique du film Geronimo : An American Legend.