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par Christian Larrède

Carlos Augusto Alves Santana est né le 20 juillet 1947, dans la ville mexicaine d’Autlán de Navarro (Etat de Jalisco ; désormais, une place de la ville porte son nom), d’un père (José) mariachi (membre d’une formation musicale de cordes et trompette, d’après le terme français mariage), et violoniste virtuose. Il a quatre sœurs et deux frères. Le petit Carlos, mettant ses pas dans ceux de son père, apprend le violon dès l’âge de cinq ans.

Le déménagement à Tijuana (ville frontalière des Etats-Unis) permet au garçonnet de découvrir T. Bone Walker, B.B. KingJohn Lee Hooker et autres grands bluesmen, grâce aux puissants émetteurs des radios texanes, qui comme chacun sait, ne s’arrêtent pas aux frontières.

Installé dès le début des années 60 à San Francisco, le jeune Carlos découvre le LSD, devient précoce guitariste professionnel, se frotte à tous les publics dans les bouges de Tijuana et, autodidacte performant, fonde en 1966 le Santana Blues Band, en compagnie du claviériste Greg Rolie (du même âge, et originaire de Seattle, où il suit des études en économie). Le jeu de guitare de Carlos Santana est alors fortement influencé par celui de Mike Bloomfield, du Paul Butterfield Blues Band. Rétrospectivement, on peut considérer que le combo du jeune mexicain est le dernier ensemble majeur de l'époque hippie à émerger au sein de la scène musicale de la baie.

L’intitulé du groupe est la conséquence de la réticence du guitariste à endosser un quelconque statut de leader. Une formation relativement stabilisée (incluant le bassiste David Brown) attire en 1968 l’attention du promoteur de concerts Bill Graham, qui offre au groupe la scène du Fillmore West. Le groupe signe alors un contrat avec le label Columbia, qui dépêche à l’un de leurs concerts un producteur (les bandes captant l’enregistrement de la soirée ne referont surface que trente années plus tard, avec l’édition du Live at Fillmore 1968). De plus, un soir de juillet, le guitariste est appelé en renfort afin de pallier, aux côtés du pianiste Al Kooper, la défection de Mike Bloomfield, que son addiction aux drogues diverses vient de placer en cure de sommeil à l’hôpital de la ville.

Un percussionniste qui poignarde à mort un mari jaloux, un batteur qui tombe de son tabouret, ivre mort, en plein concert : peu après, au gré des départs et des intégrations – entre autres du batteur Michael Shrieve et du percussionniste nicaraguayen José Chepito Areas, le groupe qu’on appelle désormais et plus simplement Santana est devenu un sextet. Dès ces prémisses, Santana offre des permanents chassés-croisés de musiciens, l’une de ses particularités étant de réintégrer le même artiste, après de sombres fâcheries et une disgrâce de quelques mois, voire de quelques années.

Les trois glorieuses

Dans la foulée de la sortie de leur premier album homonyme (deux millions d’exemplaires vendus et un tube de l’été avec « Jingo »), le groupe reçoit l’onction du métier grâce à une participation à l’ancestral Ed Sullivan Show et entame une longue tournée continentale, qui fait donc halte à Woodstock, le 15 août 1969. La version qu’il donne de leur désormais standard « Soul Sacrifice » (immortalisée sur pellicule grâce au réalisateur Michael Walden), marque durablement les esprits et met le groupe sur orbite internationale. Santana constitue alors le premier exemple à l’échelle de la planète d’une world music fortement mâtinée de l’électricité rock et ce avant même l’émergence du concept de world music. De plus, on rend naturellement hommage à la virtuosité du guitariste, saluant sa fluidité tout à fait originale et à la sonorité si caractéristique qu’il parvient à extraire de sa Gibson Les Paul (sachant qu’il obtiendra une couleur musicale pratiquement identique en jouant sur guitare Yamaha).

Au mois de septembre 1970, leur second album Abraxas, orné d’une magnifique pochette signée Mati Klarwein, également responsable de l’illustration du disque Bitches Brew de Miles Davis) recueille encore davantage de suffrages que leur enregistrement initial (numéro un des classements de vente, pour quatre millions de copies écoulées). Le disque est entraîné par une magnifique version du « Black Magic Woman » de Fleetwood Mac (sanctionnant par là-même l’influence stylistique déterminante du guitariste Peter Green sur Carlos Santana).

Les dates ...

2005 (31 Octobre)
Sortie de All That I Am
2002 (22 Octobre)
Sortie de Shaman
1999 (15 Juin)
Sortie de Supernatural
1997 (11 Mars)
Sortie du Live at the Fillmore 1968
1992 (Mai)
Sortie de Milagro

Vidéo

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